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10/10/2008

La Grand Maître virtuel (08)

Le Grand Maître virtuel_08.jpg(08) Réflexions à rebrousse poil.

« Rêver est souvent une manière de compenser pour ce que nous n’avons pas ou n’osons pas. », Roch Carrier

« Non, par pitié. Non, laissez-moi. Je ne vous ai rien fait. »

De vilaines bestioles volaient au dessus de sa tête. En piqué, elles assénaient des piqûres douloureuses et infligeaient des cicatrices sur la peau dénudée de Patrick.

Celui-ci frappait à gauche et à droite, protégeant ses yeux aux mieux. Les oiseaux d’Hitchcock étaient des oiseaux de choeur en comparaison avec ces rapaces qui le déchiquetait de toutes parts.

Alors, il courra à toutes jambes droit devant lui sans espoir de reconnaître son chemin de retour. Il frappa encore un grand coup et un oiseau de malheur s’abattit à ses pieds. Il buta sur lui et essaya vainement de se rattrapper.

Sur un plan existentiel différent, il se sentit secoué et une voix rageuse vint à ses oreilles:

- « Arrête, réveilles-toi, tu es en sueur et tu me découvres. »

Le déclic fut immédiat. Il s’éveilla surpris de la moiteur de sa couche.

Il ne mit pas longtemps à revenir complètement à lui. Le coup que sa femme avait reçu sur le bras témoignait de la violence de son combat cauchemardesque. Une échymose prenait des allures bleuâtres du plus mauvais effet.

Elle acceptait déjà difficilement des nuits pendant lesquelles son homme s’évadait en ronflant à tue tête. Alors, prendre des allures de femmes battues ne lui plaisait absolument pas.

Le reste de la nuit, il resta éveillé et réflichissa dans la sueur.

La matinée, qui suivit, commençait manifestement très mal.

Sa femme lui rappela les péripéties de la nuit et lui fit ressentir son ressentiment, consentant jusqu’à un certain point, de manière bruyante et explicite.

Le petit déjeuner se déroula dans un silence noir. Beaucoup d’images, mais plus de son. Ce silence, il continua à le mettre à profit. Réfléchissant, des éclairs de logique lui permirent de sortir d’un état de torpeur qu’il détestait.

Et si ce n’était pas des fichiers exécutables qui torpillaient mon ordinateur? . Des virus polymorphiques, il en avait déjà entendu parlé sans en rencontrer d’acteur aussi parfaitement incognito. Qu’est-ce que j’ai accédé hier? Quels sont les fichiers d’informations qui me sont parvenus? Des fichiers PDF, de données parvenues par email ? Mais oui, c’est peut-être cela. En général, les virus se retrouvaient dans les programmes exécutable pas dans une forme anonyme et inopérante contenant des données. Et si cette fois, les choses avaient changé.

Il savait, cette fois, au cas où aucune nouvelle ne parvenait, à ce à quoi il allait destiner sa journée. Cela le rassura un maximum. Il allait débusquer l’intrus, la « bête », dans son trou. Il le fallait et il était décidé à y mettrait le temps mais cela n’était pas le problème.

Contrairement aux autres jours, il était pressé de regagner son bureau. Au diable, le patron, s’il s’avisait de proférer une remarque désobligeante. Aucune interférence à son plan de bataille ne serait acceptée. La veille, son épouse avait bien tenté de lui demander des explications à son mutisme rêveur. Sans succès. Son regard était resté impassible

La journée allait être faste en découverte, il le sentait intimement. Il n’avait pas tort. Elle allait se révéler bien en deçà de son imagination.

Encore une fois, il ne pouvait pas le savoir. S’il l’avait su, il aurait certainement préférer rester où il était.

Le lit a de ses avantages incontestables.

 

12:44 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

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