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11/09/2008

Le Grand Maître virtuel (32)

Le Grand Maître virtuel_32.jpg(32) « Le bonheur des uns… »

« Bonheur : sensation de bien-être qui peut conduire à l'imprudence. Si vous nagez dans le bonheur, soyez prudent, restez là où vous avez pied. », Marc Escayrol

La journée du lendemain devait être très certainement la journée des policiers. Un des acteurs que nous venons de connaître dans le contre courant, collègue du policier en charge de l’affaire, après plusieurs coups de fil aux agences de réservations des tickets lança un joyeux et péremptoire « Bingo, je l’ai. »

Trop heureux d'avoir eu la chance de sa courte carrière, il ne prit pas beaucoup de précaution en entrant précipitamment dans le bureau de l'inspecteur chef.

- Le nom de notre gars est Patrick Dorsinitch J'ai continué l'enquête. Il s'agit d'un Roumain de 27 ans qui n'a pas vraiment de domicile bien fixe. J'ai pris la permission de prendre des contacts avec RobCy qui m'a raconté qu'il y avait bien un nom pareil dans leurs rapports d'embauche. Il avait, en fait, postulé chez eux comme candidat à une place d'informaticien. Le rapport précisait que Vic Vanderbist l'avait interviewé mais que son point faible avait été ses capacités nulles en IA.

- Bravo. Bonne initiative. Tu as gagné ta journée. C'est sûr que c'est lui. Nous approchons, nous approchons ! » répéta l'inspecteur trop content d'avoir eu le bon coup de poignet. Le poisson n'était ferré que virtuellement, mais c'était très prometteur. Place à l'hameçon qui devra entrer dans la chair. Mouliner ensuite n'était plus qu'une question de routine. Chez les humains, le nom suffit pour tirer le corps. Les poissons, eux ne s'attrapent qu'à la force du poignet. Le nom du poisson importe peu. Avertir Interpol de l'identification pour assurer la prise restait l'étape obligée et naturelle suivante. Cela fut fait sur le champ.

Deux heures sans nouvelles fracassantes quand le téléphona sonna.

Allô, ici l'inspecteur Rambolle d'Interpol. Nous avons repéré votre gars. Il est arriver le premier jour de l'an à La Valette. On ne sait pas où il est descendu. Apparemment, ce ne devrait pas être un hôtel .

L'inspecteur en chef n'en fut pas tellement étonné pour autant. Il devait probablement y avoir une planque là-bas.

Il fallait maintenant penser à la suite et s'inquiéter de réserver une place pour un vol en partance pour cette île que l'on dit paradisiaque avec La Valette comme point de départ.

Depuis lors, il s'était parfaitement documenté sur cette destination de rêve pour touristes. Sa mémoire immédiate avait réservé un coin de neurones sur le sujet prêt à l'emploi.

Un jeu radiophonique avec des questions sur cette île, aurait fait de lui un expert de premier ordre.

Les informations d'Interpol contenait les noms de contacts de la police de La Valette.

Il fallait les contacter pour initier la procédure de recherche en ce nouveau territoire européen. Un nouveau terrain de chasse avec un goût de vacances en arrière plan. En hiver, ce ne pouvait pas être mal, non plus. Deux heures de vol suffisent pour atteindre La Valette, était-il dit.

L'inspecteur arriva vers 14 heures. Il n'avait pris avec lui que le nécessaire pour deux jours d'absence.

Une fois, la petite valise réceptionnée, il s'engagea vers la sortie mais n'eut pas le temps d'aller plus loin. Un homme en civil lui barra le chemin.

- Inspecteur Bertille de Paris ? », fit-il dans un français tout à fait honnête.

- Vous supposer bien. Je m’apprêtais à vous appeler. 

- Inspecteur Matto. Enchanté. Un de vos collègues nous a averti de votre visite. Il m’a mis au courant de votre affaire. Je suis là pour vous servir de guide et d’interprète si nécessaire car le Maltais n’est certainement une langue bien connue en Europe. Pas encore venu chez nous ? » , lança-t-il le sourire aux lèvres.

- Non, c’est la première fois. Il y a peu, j’ignorais où Malte pouvait se trouver sur la carte. 

Le maltais devait avoir l’habitude de ce genre de réponse et ne releva pas la remarque.

- Une voiture nous attend à la sortie de l’aéroport. Suivez-moi. 

La conversation dans la voiture ne s’éloigna pas des banalités d’usage offert en automatisme aux touristes de l’île.

Le bureau de police de la Valette ne se trouvait pas bien loin de l’aéroport.

Il était par contre très loin de ce qu’un policier parisien pouvait imaginer. Celui-ci ne fit aucune remarque pour exprimer sa surprise. Il n'était pas là pour faire l'inventaire des différences.

Dans le bureau, les choses sérieuses vinrent dans la conversation sans retard. Matto commença.

- Pour résumer, vous cherchez un Français qui aurait assassiné un compatriote, informaticien et qui pourrait être impliqué dans une affaire financière, en plus. 

- C’est cela. A part qu’il ne s’agit pas d’un Français, mais d’un Roumain vivant à Paris. On connaît son nom mais sans beaucoup de précision jusqu’ici. »

- Après avoir connu cet élément, nous avons commencé à rechercher votre homme en scannant les voyageurs en provenance de Paris...

- Le nom qu’on vous a communiqué, y était-il ? » interrompit le Français.

Oui. Il était bien dans la liste du vol du 1erjanvier, mais nous n’avons pas sa destination finale. Cela ne veut pas dire que nous avons été bloqués dans nos actions. Notre police fonctionne bien à l’échelle de notre pays, bien sûr. Vous avez eu raison de nous envoyer un fax avec la photo robot de la personne qui a été assassinée. Mon collègue s'est mis en route pour vous servir et déblayer le chemin. Il paraît qu'il est parfaitement connu sur les îles maltaises. L'assassin, son nom, ne disent rien à personne. Je vais contacter immédiatement le brigadier sur l'affaire pour voir s'il y a des nouvelles. 

Sur ce le Maltais s’empara de son téléphone portable qui visiblement ne datait pas des derniers perfectionnements en la matière.

Une conversation s’engagea dont le Français ne comprit pas le moindre mot. Aucun repère, aucun nom de ville qui aurait pu localiser les bribes de conversation dans le concret.

Après ces quelques minutes de paroles incompréhensibles, il s’arrêta de tourner à vide aux oreilles du Français.

- Mon inspecteur est déjà bien avancé dans notre enquête. Il parait que le Roumain n’est pas resté très longtemps à La Valette. Mais, ne vous inquiétez pas, il n’est pas aller loin. Il n’a pas quitté les îles. Il devrait être à Gozo. Une petite île près d’ici. Un bateau à moteur lui a servi pour l’y mener. Nous avons retrouvé son pilote. Celui-ci s’en souvient encore. Il a été très généreux et cela ne s’oublie pas. Marsalforn fut la destination où il a débarqué. Du visage, il ne se souvient pas vraiment. Je vous proposerais de postposer notre entretien jusque demain. Installez-vous à l’hôtel. Nous avons réservé une chambre à l’Hôtel International. Je suis sûr que vous allez aimé. Nous irons ensemble demain matin.

Sur ce, il fit signe à un brigadier. Le mot « International » parvint cette fois aux oreilles du Français. Un serrement de main, un sourire et un « A demain, 10 heure. On viendra vous chercher. Ok ? »

Le Français acquiesça et suivit le brigadier dans la petite voiture de police.

Tout se présentait mieux que prévu. Une nuit avec le confort et la piscine, cela ne se refuse pas même pour un officier de la police française.

 

12:05 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

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