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07/10/2008

Le Grand Maître virtuel (11)

Le grand Maître virtuel_11.jpg(11): Le piège découvert piégé

La mouche qui veut échapper au piége ne peut être plus en sûreté que sur le piége même.”, (Georg Christoph Lichtenber)

Il en avait entendu parlé mais ne voulait pas y croire.

Tout ordinateur moderne s’enlise dans les télé-chargements de plus en plus nombreux. Il le savait et était préparé et formé pour contrer les situations les plus dangereuses. L’utilisateur lambda, lui, n’aurait évidemment pas pris la peine d’aller aussi loin dans la surveillance. Cette idée de “cachette surprise” frisait vraiment la perfection, Patrick devait le reconnaître. Il était fier de s’être mis au niveau de cette perfection. Cela n’allait pas se passer comme il le pensait encore une fois.

A la police, par contre, ces télé-chargements autorisés ne se comptaient heureusement que sur les doigts d’une main au cours d’une année. Charger les parapluies, les paratonnerres, oui. Pas la pluie ni le tonnerre.

Cela augmentait les chances de Patrick d’autant pour permettre à celui-ci d’élaguer, d’éclaircir un peu mieux le « comment ». Le « pourquoi », le « avec quoi » et « par quoi » restaient à découvrir.

La police ne disposait pas encore d’un programme de détection aussi perfectionné que celui de Vic. La science fiction avait été dépassé par la réalité dans la passion de la perfection. De cela Patrick ne pouvait pas s’en douter.

Le nom du fichier litigieux, Patrick s’en doutait, ne devait pas correspondre à rien de fâcheux. Chercher ce qui était nouveau et normalement découvrir le pot aux roses.

Son réflexe automatique en tant qu’utilisateur averti, lui fit perdre pourtant des points dans l’échelle de la perspicacité.

Le problème fut vite identifié. Il détruisit, aussi vite trouvé, le fichier de tous les dangers. Il se réfugia dans la poubelle d’attente. En attente d’une analyse par un service compétent. Le fichier du purgatoire pourrait-on dire.

Une fois le ravage opéré sous sa forme virulente initiale, les fichiers de données, en faux frères, se métamorphosaient, s’endormaient avec une extension sans intérêt pour tout programme sensés les éradiquer et s’infiltraient dans un directoire de repos caché non prévu par l’usage habituel.

Ce qui était programmé de base se mit en marche très normalement. En détruisant le virus, l’infection s’autoregénéra avec un nom tout neuf et une location résidente totalement différente.

En plus de cette résurrection instantanée, une écriture d’une petite note dans un log se mémorisa et prêt à avertir qui de droit ou plutôt qui de pouvoir.

En plus, Patrick n’avait rien éradiqué du tout en agissant de la sorte. Il perdait en plus une chance de refaire avec facilité l’opération une nouvelle fois par la suite. Un coup de l’arroseur arrosé moderne.

« Un sous-marin coulé » aurait scandé triomphalement un joueur de combat naval. C’était plutôt un jeu de l’oie. Par le décompte d’une unité, c’était un retour à la case départ.

Un raté, de plus. Patrick l’ignorait encore à ce stade. Le sommeil avait repris ce virus.

Malheur à l’expert qui n’a d’expert qu’au nom de l’expérience et pas de l’imagination.

En réutilisant le fichier, plus tard, sans meilleur protection, il allait s’infecter à nouveau, fortifié, avant de re-mourir dans le cimetière des fichiers virtuels.

A tout hasard, Patrick compléta son rapport et envoya ce fichier de malheur à un expert qu’il connaissait chez le fournisseur « Antivir » avec mention spéciale et tête de mort pour faire vrai sur l’étiquette.

Il respira mieux, le travail accompli.

Le bonheur allait, comme on s’en doute, n’être que de courte durée.

Chacun sait que le futur doit toujours garder son effet de surprise intact pour apporter le piment à la vie. Encore, fallait-il ne pas être trop sensible.

Les pièges du Grand Maître ne faisaient que reprendre du souffle. Un pas en arrière pour mieux sauter.

 

12:45 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

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