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02/10/2008

Le Grand Maître virtuel (16)

Le Grand Maître virtuel_16.jpg(16) : Une proposition mal venue

« Même l’intelligence ne fonctionne pleinement que sous l’impulsion du désir. » Paul Claudel

Les premiers orages avaient perturbé nature et humains.

La chaleur et l’ambiance électrique qui régnaient dans les bureaux et dans les maisons, l’énervement des troupes ne permettaient plus la sérénité nécessaire à la saine créativité des services de détections des fraudes.

La chaleur n’endormait pas, elle excitait en pure perte comme l’aurait fait la mouche du coche de La Fontaine.

La climatisation avait démobilisé quelques éléments importants des équipes par les souffleries qui ne se mariaient pas avec les faiblesses nasales.

Bizarre que les plus experts d’entre eux communiaient souvent avec les fragilités extrêmes.

Résultat des courses, rien n’avançait vraiment. Une semaine faisait place à une autre sans découverte fracassante. De nouvelles versions des programmes antivirus avaient été chargées automatiquement sans apporter de réels remèdes à la lenteur de l’utilisation de la machine.

Du côté ‘police’, on ne se faisait plus trop d’illusion mais on priait intimement pour que le pirate ait remis son drapeau dans la cabine d’essayage du capitaine.

Chez RobCy, ce matin-là, Vic fut pris en aparté par Gérard. Le public relation de l’équipe à la base du projet Autoscan fut tout sourire en accompagnant sa question à Vic:

- « Est-ce qu’on ne se ferait pas une petite bouffe ensemble, ce midi ? »

Cela n’arrivait pas souvent. En général, tous les membres de l’équipe n’étaient pas mis au courant ensemble des décisions prises pour le service. Alors pourquoi, cette aparté, cette fois? Car il s’agissait bien d’annoncer un événement. Que lui voulait-il avec ses « petits sabots »? Était-ce encore des suites du raccourcissement du projet? Une autre tuile, plus grave encore?

Ce qu’il allait lui demander allait l’énerver encore plus.

Quelques paroles mielleuses de mise en bouche ne parviendraient pas à sucrer l’ambiance de douceurs très longtemps. Au restaurant, entre entrée et plat consistant, Gérard lança son filet à la tête de Vic.

- « Alors, Vic, tu en as déjà eu quelques interviews à ton actif ! »

- «Très difficile de trouver l’oiseau rare », confirma Vic avec résignation. « La semaine dernière, je croyais vraiment avoir trouvé la perle que l’on cherchait. Il avait les qualifications. L’expérience en IA n’était évidemment pas son cheval de bataille. Avec quelques cours bien sélectionnés, on aurait pu espérer en tirer quelque chose. Malheureusement, il a trouvé un job plus proche de son domicile et notre proposition n’a pas eu d’écho chez lui. »

Pas besoin d’en dire plus, pensait Vic secrètement. Gérard l’écoutait avec attention tout en arquant un sourire en coin qui ne disait rien qui vaille à la perspicacité de Vic. Il n’avait pas tort.

- « Écoute, Vic. Je viens d’avoir une discussion en coup de vent avec Bill. Il était très ennuyé visiblement de me demander de chercher une solution à notre problème de personnel. De commun accord, nous avons pensé à une alternative. Contrairement à Bob, qui a charge de famille, pourrais-tu passez quelques heures supplémentaires au bureau pour accélérer le projet « Autoscan »? Nous savons que tu es le meilleur élément de l’équipe. De plus, nous savons que cela ne pourrait pas trop te gêner. »

Le sang de Vic ne fit qu’un tour. Voilà la pire des suggestions qu’il était à mille lieux d’avoir imaginé. Que répondre? Il comprenait bien qu’il était normalement le plus habilité à donner un coup de pouce au projet. Le problème, c’est que dans son cas, cette « normalité » devenait « impossibilité » pure et dure. Ni Gérard, ni personne ne pouvait imaginer, pour lui, un angle aussi obtus à cette quadrature du cercle. Vic avait besoin de son temps libre à temps plein. Pas question de trouver une excuse valable par la révélation de son emploi du temps après les heures dans sa vie parallèle. Par contrat, il ne pouvait accepter une autre activité rémunérée. Et, même si demain, par on ne sait quel miracle, on avait trouvé la personne bien sous tous rapports pour donner l’impulsion nécessaire, elle ne pourrait se rendre efficace qu’après quelques mois, au mieux. Cela, Vic, le savait et le chagrinait au plus haut point.

Vic réfléchissait vite. Il se sentait coincé de toutes parts. S’il avait su, il se serait payé quelques jours de vacances pour ne pas devoir donner une réponse portée ensuite à son passif.

Son travail du soir, il ne pouvait l’abandonner et il s’accroissait de jour en jour. Gregory, heureusement, produisait à temps plein mais il ne pouvait lui lâcher tous les élastiques du projet dans son ensemble. Il travaillait sous le contrôle d’un contrat honnête. Les heures supplémentaires se justifient au monde extérieur mais pas dans l’obscurité de l’être.

Non, il n’y avait qu’une solution « ralentir » sa petite entreprise qui quoique rentable, ne lui permettait pas de rompre avec RobCy. La couverture était trop protectrice pour la dénigrer et la classer dans le superflu.

Après avoir repoussé avec fraîcheur cette proposition qui financièrement pourtant, rapporterait des applaudissements jubilatoires en d’autres circonstances, il accepta de guerre lasse. Il fallait très vite mettre les pendules à l’heure et attribuer des priorités mieux ajustées aux tâches de ses nuits suivantes. Le temps n’avait jamais été aussi en accord avec l’argent.

Mardi en huit, premier septembre, fut désigné comme départ à une carrière en alternance entre simple et double shift.

Aviser comme toujours ensuite au moment opportun.

 

12:37 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

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