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01/10/2008

Le Grand Maître virtuel (17)

Le Grand Maître virtuel_17.jpg(17): La proie pour l’ombre ou l’ombre des proies

« L’illusion est une ombre qui vaut mieux que la proie. » Pierre Véron

Rentré chez lui, Vic examina tout ce qui pouvait attendre et ce qui, au contraire, devait trouver une réaction rapide. Important et urgent dans les plateaux différents de la balance du temps.

Un nouveau « lundi » et il n’allait pas être triste. Garanti sur facture.

Avec le freeware projeté à la passion du boursicoteur, Vic n’allait pas chômer. Tous les records de fréquentation avaient été battus. Les courbes passaient dans l’exponentiation. Élaguer les emails prenait de plus en plus de temps. Il fallait ralentir tout cela sous peine d’exploser.

Ensuite, prendre contact avec Grégory. Tâter le terrain et trouver des solutions ensemble.

- « Salut Greg, comment va? Pas de questions ou d’idées à débattre? », fit-il au téléphone avec une secrète envie que cela soit « oui ».

Semblant ne pas avoir entendu la question, tout fier, Greg répondit:

- « J’ai acheté le magazine avec le Cd qui contient notre programme « Martagal ». Pas mal, la description et les appréciations qu’ils en ont faite, non? Tout avance parfaitement. Le module me donne encore de nouvelles idées. Nous devrions nous rencontrer un de ces quatre. D’autres projets? Je serais heureux de l’étudier. »

Vic s’apercevait qu’il déviait la conversation mais la réponse était dans ses cordes. Il n’en espérait pas moins. Il ne pouvait pas casser son engouement. Une rencontre, c’est ce qu’il espérait sans le dire pour trouver la ligne à définir sans risque entre superficiel et coeur du système.

Cette rencontre, il la voulait mais la craignait aussi. Le point d’équilibre entre eux deux était à rechercher. En quel endroit autre que son appartement pouvait-elle avoir lieu?

Dans un café? Pas très sérieux de le penser.

Il fallait s’y résigner son appartement personnel devait être violé, cette fois. Une véritable « première ».

Il restait à camoufler au mieux la fameuse porte qui donnait accès à son antre pour la rendre infranchissable. Ensuite, sortir le laptop pour faire illusion.

- « Bonne idée, disons ce soir. Viens chez moi pour souper. Nous ferons un peu mieux connaissance. Ce n’était pas un traquenard malgré les hésitations de départ. »

Vic osait l’espérer. Il suffirait d’invoquer un prétexte pour sortir du carcan des heures supplémentaires qu’il s’était vu imposé. Prétexter une fatigue naturelle ne devrait pas paraître anormal. Le stress du projet diminuait et les derniers tests étaient encourageants. Les zones du cerveau avaient été parfaitement identifiées dans leur fonctionnalité comme centre d’informations. Les impulsions dues aux maux faisaient transiter cette reconnaissance par la mémoire immédiate de l’hypothalamus. La persistance des informations passait par le cortex. L’étape de positionnement de la douleur représentait la plus grande complexité. Des palpeurs sur le corps des singes décelaient ces impulsions. Une fois identifiées, il fallait y apporter la solution adéquate. Les maux superficiels étaient les mieux reconnus. Les autres nécessitaient une recherche plus minutieuse. Beaucoup d’erreurs à corriger. Un inventaire des actions à prendre avait été dressé. Une véritable “checklist” pour ne rien oublier.

La machine reproduisait en grandeur plus importante que nature, ce corps physiologique dans sa fragilité. Le programme d’intelligence artificielle se chargeait de décider de l’action appropriée. Un remède local d’abord, une information envoyée au satellite dans les cas plus difficiles.

Les progrès du projet étaient visibles.

La veille, une visite impromptue du grand patron, d’un général de l’armée de terre et de deux hauts gradés médecins avait permis d’assurer la confiance au sommet. Les sourires étaient sur toutes les lèvres pour confirmer l’appréciation positive. Les remarques avaient été constructives. Exactement, ce que Vic acceptait d’un tel déploiement de forces du travail et de la finance. Il prenait cela comme une interruption récréative pour recharger les accus. Vic était content de ce sentiment et ne pouvait contester l’utilité d’un contrôle du sommet. La journée avait été préparée avec soin comme il se doit pour que les visiteurs en gardent le meilleur souvenir. Une démonstration du procédé prouvait que la décision et les investissements dans cette technologie nouvelle avaient été justifiés et parfaitement rentables. Vu le genre d’invités, l’aspect militaire avait été mis en avant. Pour concrétiser la situation, les singes avaient été mis alternativement dans une ambiance de confort et de stress. Le satellite avait été mis en fonction pour réagir et transmettre ses ordres de correction. La démonstration avait convaincu. Le projet continuait.

Le suivi de sa vie nocturne, c’était autre chose. Il ne l’aurait permis à personne qu’à lui-même. Le « pas vu, pas pris » qui faisait désormais partie de sa vie en demi teinte, était devenu une doctrine qui ne s’enseigne pas à l’école. Elle se construit par la seule constatation de la faiblesse humaine. La cupidité maladive des uns récupérée par l’à propos de l’autre.

L’intelligence à l’état pur et, aussi, dur.

 

12:36 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

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