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24/09/2008

Le Grand Maître virtuel (24)

Le Grand Maître virtuel_24.jpg(24): Le feu d’artifice à l’envers

« Une poule est l’artifice qu’utilise un oeuf pour produire un autre oeuf. » Umberto Eco

Le soir du réveillon arriva très vite. Trop vite.

Rien n’aurait pu dire si l’oeuvre de diminution des portefeuilles avaient joué un rôle de sape suffisant et définitif.

Les achats de Noël sont généralement une cause naturelle d’augmentation des ventes dans le commerce. Pour la Bourse, c’est en général partagé entre dépenses et envie de bonnes affaires du côté des placements.

L’effet de levier que certains acteurs en lice se produit très souvent quand une désertion est à l’ordre du jour. Il faut toujours pousser les rêves.

Comme la Bourse montait et que la presse en faisait écho, l’effet boule de neige, ensuite, prit la relève et joua à plein.

Tout à coup, après cette période d’achat effrénée, des transactions inverses plus importantes que d’habitude se présentèrent en fin de période.

Cela avait pris des allures de montagnes russes dans la phase descendante par des ventes massives. Les mises de départ reprenaient leur position comme si rien n’avait changé sans panique. Le tumulte n’a qu’un temps. Comme on dit dans le secteur: les arbres ne montent jamais jusqu’au ciel.

Au milieu, il devait bien y avoir eu des prises de bénéfices. Naturel. L’augmentation des transactions n’avaient pas été perdues pour tout le monde. Le marché des producteurs de PC et de matériel informatique avait eu aussi son lot de ventes actives si pas « radio actives ».

Les ventes de matériel informatique avaient littéralement explosé. Remplacer les parcs de vieilles machines tournait à l’hérésie. Vic se demandait s’il en était la source. Des ruptures de stock avaient seul limité la fièvre acheteuse. Quand le punch de l’ordinateur n’y est plus, combien d’utilisateurs pensent rationnellement et recherchent la véritable raison du problème? Et puis, c’est Noël. Une période où l’on oublie tout.

Des constructeurs de chips avaient décidé, bien à propos, de lancer leurs nouvelles puces trois mois plus tôt que les plans initiaux.

Un renouveau associé à un engouement artificiel et temporaire.

Les ordinateurs des sociétés se montèrent aussi plus gourmands que d’habitude pour aboutir dans leurs opérations comptables de fin d’année. L’année avait été bonne. Pourquoi résister à une vague de renouveau?

Pour les entreprises, le retard dans la sortie des chiffres, rapport de toute une année fiscale, touchait probablement dans le domaine de l’insoutenable. Les budgets informatiques avaient été maintenus artificiellement. Alors, il fallait cette fois ouvrir les cordons de la bourse pour expliquer les bons ou les mauvais résultats. Les conseils d’administrations en étaient convaincus. Quand on doit aimer, on ne compte plus, là, non plus.

Cela mena à une pénurie de composants. Le reste ne devait suivre que bien plus tard.

En arrière plan, tout y était pour sortir nos deux compères de la précarité pour longtemps. Au compteur, on pouvait s’étonner du résultat mais il était bien là: cela tournait autour de 15 millions d’euros. Net d’impôts, évidemment. Pas de délits d’initier. Seulement, un forcing de transactions, plus ou moins transparent.

Vic et Grégory restaient conscients que les événements qui allaient suivre ne se répèteraient pas. Être à la source et au moulin avec une technique trouble dans un environnement boursier ne fonctionne que pendant un laps de temps court.

Le fric n’a jamais eu d’odeur et quand, en plus, il restait dans le virtuel, il fallait le garer, en user avec charme et délectation, tout en reconnaissant les limites de la sécurité.

Eux, ils avaient investi dans leur temps et les autres dans leur portefeuille par des placements dont ils ne verraient que la couleur bien délavée plus tard.

Vic et Greg triomphaient incontestablement. Chacun d’eux devaient se mettre à l’ouvrage dans un réinvestissement de ce gain dont ils ne connaissaient pas encore l’ampleur à l’euro près. Il s’agissait bien plus que d’un parachute doré et aucune entreprise ne les avait pas virés. Ils étaient devenus non seulement « Grands Maîtres virtuels » mais aussi, grâce à ce curseur en épée de Damoclès, ils l’étaient devenus du monde du web et du monde tout court.

Vic, ce soir de réveillon, avait mis les petits plats dans les grands.

L’appartement était méconnaissable. La fameuse porte intérieure était restée ouverte. Plus de secret pour Grégory qui devait arrivé très bientôt. Des traiteurs avaient défilés et apporté des menus de plats préparés de choix. Huîtres, caviar, homards faisaient partie des plats de haut vol. Des victuailles avec les salamalecs des fournisseurs en prime ne pouvaient se balancer que pour ajuster les frais.

Le réveillon se dessinait sous les meilleurs auspices. Il devait être à la mesure de leur réussite. Mieux vaut trop que pas assez, se disait Vic. La surabondance en aval du rêve capitalisé. Sabler le champagne était devenu une obligation auquel il ne fallait pas déroger.

Entre temps, Vic avait réservé des billets d’avion pour deux en partance pour Malte et sa résidence pour le vol du week-end prochain. Il laissa les tickets bien en évidence sur le buffet.

L’avenir, ils pouvaient l’envisager avec sérénité financièrement parlant. Le risque de la découverte subsistait mais ils seraient loin et tout pouvaient encore s’ajuster dans le futur pour ce couple de l’intelligence. Le virtuel avait eu, pour eux deux, des atouts que le réel ignorait.

Inoubliable, ce réveillon? Oui, il le sera.

12:30 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

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