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22/09/2008

Le Grand Maître virtuel (26)

Le Grand Maître virtuel_26.jpg(26): Départ précipité

« Celui qui croit mener une double vie ne se rend pas compte qu’il mène, en réalité, deux demi-vies. »Philippe Geluck

Arrivé à l’aéroport très tôt le lendemain matin, Grégory, épuisé, n’était pas parvenu à trouver le sommeil. Le visage ensanglanté de Vic lui restait comme un masque sur le visage. Le sommeil, il l’avait tenté sur toutes les coutures de son matelas. Sans succès. La sueur avait accentué son cauchemar.

La ville était dégagée et dormait encore.

Le taximan fut muet tout le trajet, trop content de prendre de la vitesse et de larguer son passager au plus vite. Un passager sans réels bagages encombrants et sans envie de parler: le rêve.

Le bureau d’enregistrement des billets de l’aéroport venait de s’ouvrir. Du coin de l’oeil, il épiait sans parvenir à contrôler tous les vigiles de Vigipirate qui se baladaient à l’affût d’un bagage laissé à l’abandon trop longtemps. Peu soupçonneux d’habitude, il se sentait faussement surveillé de partout. L’heure de départ approchait. Après un appel au micro concernant les voyageurs à destination de Malte, il s’engagea dans les premiers rangs d’embarquement.

- Bon voyage, Monsieur, lui lança, le sourire aux lèvres, l’hôtesse en complet bleu qui lui rendait son ticket d’avion après contrôle.

- Merci, fit-il, presque surpris, interrompu dans son scanning de l’environnement immédiat. Il reprit ses papiers et son bagage léger sans demander son reste.

Les billets de banques ne pèsent pas lourds et c’est cela qu’il transportait presque exclusivement dans une petite mallette. Le poids des PC et des sauvetages des informations captés en dernière minute avant sa fuite, par contre, ne faisaient pas le contrepoids idéal.

Presque exceptionnellement, l’avion ne prit pas de retard. Nous étions le premier janvier et les vols se passaient plus du côté des retours que des départs dirigés, eux, vers d’autres pistes.

L’avion décolla dans la brume du matin comme un bel oiseau en transhumance.

Sans secousses, aucunes. Rien n’aurait pu pourtant effacer le dernier cauchemar de la veille. L’adresse de la villa de Vic était encore dans sa poche précieusement. Le voyage se déroula dans la parfaite ignorance des nuages qui défilaient devant le hublot. Atterrir en douceur. Sortir de l’aéroport en vitesse. Récupérer un taxi en catimini. Cascade d’actions sans émotion aucune.

Le chemin pour arriver à destination n’était pas inconnu du chauffeur. Arrivé à l’embarcadère, une vedette rapide l’emporta et ils arrivèrent très vite à Gozo après une traversée courte. L’air frais du bateau rapide lui avait apporté l’air qui lui manquait dans les poumons. Il se sentait beaucoup mieux.

La maison se présentait tel que Vic l’avait décrite. Grande, bien placée, les pieds dans l’eau à l’abri d’une crique aux eaux cristallines. Le décor idyllique n’était pas usurpé. Seul le principal intéressé manquait à l’appel, sinon tout y était.

Un transat traînait sur la terrasse et il s’endormit tout aussitôt après avoir garé sa mallette au trésor, légère en poids mais moins en pouvoir d’achat. Tout doucement, l’envie de sommeil fut plus forte que l’angoisse qui stagnait et l’oppressait dans les veines.

Vers midi, il se réveilla. Le soleil commençait à faire sentir l’ardeur de ses rayons. La peau sensible de Grégory n’était pas préparée à cet afflux de radiation. Un coup de soleil rougissait son visage et ses bras. Nordiste de toujours, sa peau commençait à le faire souffrir au toucher. Un coup d’oeil dans le miroir confirmât son manque de précaution.

De la crème solaire, stockée dans l’armoire à pharmacie, lui apporta un peu de douceur dont il ne connaissait pas encore les effets réparateurs.

Le repas de la veille était loin et la collation dans l’avion ne parvenait plus à voiler une faim de plus en plus contraignante. Des biscuits garés dans une armoire trompèrent pour un temps les appels de l’estomac.

L’après-midi, il fallait ouvrir un compte, peut-être plusieurs, pour garer les billets de la mallette. Quelques achats bien placés devaient aussi meubler son temps en première urgence.

Demain, on aviserait pour le moins vital mais, non moins tentant pour un nouveau riche qui se respecte.

Le rêve après le cauchemar. N’est-ce pas ainsi que devait se terminer tout conte de fée?

12:27 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

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