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18/09/2008

Le Grand Maître virtuel (29)

Le Grand Maître virtuel_29.jpg(29) Le fil en rougit de honte

« Les morts se défendent avec moins d’aisance encore que les vivants. », Louis Scutenaire

Le lendemain, le policier de la Crime essaya de contacter son collègue de la brigade de quartier qui avait fait la déposition de la société RobCy. La réponse fut, au départ, un coup dans la vague.

- Oui, Inspecteur, je vois en effet qu’il y a eu un procès verbal, fait par mon chef, mais je suis désolé, il est en mission actuellement. J’ai essayé de le toucher sur son portable mais je n’ai reçu qu’un message de répondeur. Il ne m’a pas rappelé et je dois bien avoué que je ne connais pas beaucoup à l’affaire. », fit le brigadier qui avait cosigné le PV.

- Ok, je retéléphonerai plus tard, mais prenez mes coordonnées, l’affaire qui m’occupe, est très probablement criminelle. Tout renseignement est important. Alors, n’hésitez pas à me déranger, peu importe l’heure. », répondit le brigadier.

Retourner au rapport et contacter désormais, le suivant dans la liste. L’inspecteur de la Financière devait avoir un autre aspect de ce rapport biface sinon triface.

- C’est exact, Inspecteur, nous avons reçu des plaintes de boursicoteurs par l’intermédiaire de quelques courtiers. Il s’agirait, comme vous pouvez le lire dans mon rapport, de transactions boursières aussi bien à l’achat qu’à la vente que ne reconnaissent pas les possesseurs des comptes eux-mêmes. Ce qui est bizarre ou peut-être plus clair qu’il n’y parait pour vous, en fonction de votre enquête, c’est que les transactions n’ont rapporté aucun bénéfice ni aucune perte. Du moins, en général. Il y a des exceptions, mais elles sont rares. Comme elles sont généralement au détriment du possesseur des titres, je me suis dit qu’il devait y avoir magouille et que les bénéfices avaient été réorientés vers d’autres comptes. », s’empressa de dire le brigadier de la Financière.

- Je fais peut-être fausse route, mais l’affaire criminelle, qui m’occupe actuellement, n’a pas de mobile apparent. Mon expérience me dit qu’il y a toujours une raison, disons, le plus souvent « technique », répondit-il, un peu rassuré par ses décisions prises de poursuivre dans des voies multiples.

- Je ne vois pas tout de suite le lien avec votre affaire. Mais vous avez peut-être raison.

- L’affaire a été initiée par l’agent de quartier. La société RobCy, située près de la Défense, a été alertée par une disparition inquiétante. Nous avons été prévenu un peu par hasard.

- Nous avons seulement remonté la filière jusqu’aux comptes qui encaissaient les plus values. Le nom de l’encaisseur n’existe pas. Il a été présenté très probablement et enregistrer sur base d’une fausse carte d’identité. Donc délit financier, il y a, c’est incontestable. ».

- « J’attends l’appel du chef de la Brigade pour l’instant. Son service est prévenu. Merci pour votre collaboration et tenez-moi au courant des derniers développements. », acheva l’initiateur des recherches.

- « Ce sera fait. N’ayez crainte ».

Le reste de l’après-midi, l’inspecteur de la « Crime » pensa se rendre sur les lieux et consulter les représentants de la firme RobCy. Quel genre de travaux faisaient-ils? RobCy représentait une société à fonds secrets, liée à l’armée. Y avait-il une affaire d’espionnage industriel la dessous?

La victime vivait seule. Les ordinateurs qui se trouvaient encore sur les lieux lors de l’entrée sur les lieux du crime prouvaient que l’occupant était pour le moins un fanatique de la “click mania”. L’équipement de tout premier ordre ferait pâlir d’envie tous les bureaux de police. Il y avait des câbles qui jonchaient le sol, ce qui pouvait laisser penser que du matériel avait disparu.

Les disques de données avaient été envoyés au service informatique qui normalement était le plus habilité à donner des conclusions sur l’internaute hobbyiste ou de profession, sinon les deux, qui pratiquait ces ordinateurs de dernière génération avec autant de fanatisme.

Le téléphone sonna.

- Ici le laboratoire informatique. C’est au sujet des données découvertes sur les ordinateurs que nous avons analysés .

- Oui, je sais. Ne me faites pas languir. Quelles sont vos conclusions?

- Bien. Ce n’est pas très concluant jusque maintenant. Nous avons affaire à un internaute paranoïaque. Tout est camouflé. Tout est crypté et protégé derrière une série de barrières, de mots de passe divers. Je ne vous aurais pas téléphoné aussitôt si vous ne m’aviez pas demandé de vous révéler les progrès de notre enquête technique même s’il n’y en avait pas. Je dois avouer que c’est un “fana” de la capote à plusieurs couches. », fit-il avec un sourire dans la voix.

- En fait, vous n’avez rien découvert? », s’enquit-il.

- Si, mais peu. Les adresses e-mail, elles, ont été plus parlantes. Il s’agit de contacts les plus divers en provenance de tous les coins de la terre. C’est à croire qu’il était une mondanité de haut niveau. Le monde entier lui a fait écho. Dialogues qui pourtant sont très tendances. Il y aurait de l’arnaque dans l’air que ça ne m’étonnerait pas. Mais, je donnerai plus de conclusions, plus tard. Je vous re-contacte dès qu’il y a du nouveau. ».

Voilà le lien avec mon affaire, se dit l’Inspecteur de la Crime, tout content. L’argent, toujours ce foutu pognon", se répéta-t-il.

Un nouveau coup de fil, à peine une heure plus tard.

- Je suis l’inspecteur de la Financière. Je vous avais parlé tout à l’heure. 

- Oui, bien sûr. Racontez-moi la suite. Je suis avide d’informations, vous ne pouvez pas savoir.

Les quelques courtiers qui nous ont mis la puce à l’oreille. Nous leur avons téléphoné. Apparemment, ce n’est pas du pipo. La fraude s’élèverait à plusieurs millions d’euros. Nous avions à faire à très forte partie. Cela ne s’est jamais passé. Ils en étaient très surpris eux-mêmes. En fait, il s’agit d’intermédiaires qui se sont invités à la table des échanges boursiers. Ils ont fait fructifier avec des achats suivis de ventes à des moments très opportuns qui font penser à une martingale, tellement, cela a marché du tonnerre. Les achats massifs de fin d’années qui se font en périodes creuses laissent des traces. Cela se termine en véritables boules de neige. Avec notre climat qui se réchauffe, le mot « neige » est à réintroduire dans notre vocabulaire. », fit-il pour donner un peu d’humour qui manquait à l’ensemble des contacts.

- Je vois. Cela confirme que nous sommes sur la bonne piste. J’attends encore des nouvelles de l’autre brigade. Cela ne devrait plus tarder et j’irai avec lui à la Société RobCy. Merci pour votre diligence dans vos contacts avec moi. ».

Il raccrocha.

Plus rien ne se passa avant le soir, vers 20 heures.

L’inspecteur de la Crime soupait avec son épouse quand le portable sonna imperceptiblement au fond de la poche de sa veste accrochée au vestiaire.

Généralement, il maugréait et n’aimait pas être interrompu pendant les repas du soir.

Cette fois, il sauta de sa chaise, effrayant du même coup son épouse peu habituée à un sursaut de la part de son inspecteur de mari, si près de la retraite.

- Inspecteur, c’est moi, le brigadier Jeanson qui ai fait le rapport de PV des collègues du préposé qui a disparu récemment. Je n’ai pas entrepris de recherche plus avant en suivant les consignes qui se veulent très précises. Ne pas entamer de recherche trop coûteuse avant un temps d’attente. Vous savez, nos effectifs ont été encore réduits de ….

- Ne vous excusez pas. Je connais le problème. », coupa-t-il.

- Que vous ont dit ces collègues prévenants? 

- Pas beaucoup plus que ce qui est dans le rapport. Nous pourrions retourner, ensemble, à la société demain . Qu’en pensez-vous?

- J’allais vous le proposer. A 9 heures, je leur téléphone. J’ai leur numéro sur le PV. Je vous attends à 9:30 devant le bâtiment. Bonne soirée. 

La nuit n’apporte pas toujours de conseils, elle fait rêver aussi.

L’inspecteur ne cherchait plus les souvenirs de sa journée. Il se devait de respecter un principe de sagesse: “dormir”.

Cela se faisait aussi dans la police même si les événements pourraient ne pas y faire penser.

12:23 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

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