Il répond après quelques secondes de plus, visiblement à la recherche de la réponse la plus adaptée.
29/09/2026
La Flèche du Temps inversée
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01. Rappel du passé et prévisions
"Le temps efface le souvenir des malheurs, jamais celui des fautes? La morsure d'un remords se ravive chaque jour plus cruelle dans notre conscience, à mesure que la vie passe", Jean-François Revel
Vendredi, 2 janvier 2026 :
C'était au cours de décembre que notre collègue David avait été abattu devant le bureau. L'épilogue de l'enquête se termina en queue de poisson. Je répète les mots que j'écrivais fin 2019 au sujet du choc que m'avait produit lors de la mort de David descendu en pleine rue par la violence d'un coup de feu.
"Dans l'aventure, j'ai été gagnant en apportant mon concours par le développement de mon Coyote, n'était-ce pas le principal ? Et bien non, je me sentais responsable une deuxième fois. Mon premier crime était en différé. Si je n'avais pas inventé ce logiciel Coyote, David serait probablement resté en vie. C'est peut-être ça la différence entre la responsabilité et la culpabilité. L'une est morale psychologiquement et l'autre, sociologiquement.
Le temps a donc passé. Nous en avons parlé de multiples fois après que ce maudit coronavirus qui a attaqué le monde entier ainsi que moi-même. Je l'ai contracté et j'ai été mis en quarantaine après avoir été envoyé aux urgences à l'hôpital dans lequel je suis resté plus d'un mois. J'en suis ressorti très fatigué. Mise au repos forcé. L'organisation de mon travail a été adaptée en conséquence. Le télétravail obligatoire a été le lot de plusieurs collègues. A cette époque, nous ne nous voyions plus que très rarement en présentiel. Chacun a pu choisir de travailler plus souvent à partir de chez lui ou de revenir au bureau. Tout se déroulait par écran interposé. Chacun avait reçu un ordinateur et des connections internet, super puissant chez lui. Personnellement, je suis l'heureux détenteur d'un nouveau bijou des technologies à la pointe du progrès. Quand le Covid s'est dissipé, la crise sanitaire s'est apaisée et je suis progressivement retourné au bureau. Je ne suis pas très loin et j'arrive à aimer l'ambiance de recherche dans laquelle nous nous trouvons ensemble en permanence.
Aujourd'hui, au sujet de l'assassinat de David, je reste toujours sur ma faim. Je ne comprend toujours pas ce qui s'est passé à l'époque. Quel a été le commanditaire de son assassinat déguisé en motard habillé en policier ?
Si cela a été la cause d'un attentat terroriste ou une organisation plus structurée, celle-ci pourrait toujours à nouveau se manifester.
L'assassinat de David s'était passé tellement rapidement. Il n'avait même pas eu le temps de paniquer quand il s'était écroulé mortellement blessé. Pris aussi par la surprise, en étant à quelques mètres derrière lui, je n'aurais pas pu le secourir.
Depuis, chaque fois que je sors du bureau situé à côté de l'OTAN, j'ai gardé une certaine appréhension en regardant à gauche puis à droite avant de m'avancer pour regagner ma petit voiture.
Avant cela, nous sous soupçonnions des attaques informatiques par l'intermédiaire d'arnaques de plus en plus sophistiquées. Mon logiciel a permis de viser David.
Je me sens coupable d'être l'auteur initiateur involontaire de sa déchéance potentielle dans l'esprit des collègues et de sa mort. Je n'avais reçu que très peu de temps pour tester mon logiciel.
Je l'avais appelé "Coyote". Par simple déduction, il m'avait permis de nous ouvrir les yeux, de sortir une taupe éventuelle de l'ombre et de comprendre qu'en plus d'un fonctionnaire des services publics, il était probablement responsable d'avoir sapé la défense de l'Etat belge.
David avait toujours été très discret tout en faisant très bien son job au bureau. Personne ne pouvait soupçonner d'autres actions moins légitimes.
S'il s'agissait vraiment d'un rôle d'espionnage de notre service, il avait merveilleusement compris la manière de faire semblant, avec une efficacité surprenante et redoutable. Je ne peux qu'apporter mon admiration mêlée au regret de sa mort et regretter d'avoir perdu un ami.
Un agent double signe au bas de son contrat qu'il doit travailler seul. Ill ne faut pas espérer qu'un organisme étranger revendique qu'ils n'ait envoyé un espion à leur service.
Se sachant découvert dans une fonction d'agent double d'une organisation d'espionnage, peut-être avait-il été prévenu par ses commanditaires d'avoir été brûlé. Si c'était le cas, ils avaient dû prendre leurs précautions. Il n'a jamais été jugé pour trahison par contumace.
Le meurtre de David a évidemment été suivi par une enquête de police avec les interrogatoires de témoins, peu nombreux et de collègues comme moi qui étaient proches de David au moment du drame.
Non, je répète, personne parmi tous mes collègues n'aurait pu penser que sa fin aurait pu être aussi brutale.
Les espions sur les réseaux sociaux ont souvent une longueur d'avance sur nos découvertes dont nous suivons les enquêtes dans l'analyse de leurs coups fourrés dans la cyberguerre.
C'est David avec notre cheffe, Noémi, qui étaient venus me sortir de prison prématurément. Mon expérience de hacker du passé avait servi mais qui était devenu tellement lointaine pour moi aujourd'hui.
Certaines affaires sont restées non éclaircies.
Les raisons de rester dans l'ombre pour raison d'Etat ne pouvaient être transmises dans la presse et partagées avec la population pour ne pas l'effrayer surtout que les alliances entre Etats peuvent changer dans le temps.
Le film "Le professionnel" n'est qu'un exemple parmi d'autres d'un retournement de situation politique.
Tous les acteurs potentiels de telles situations délicates mentent toujours et deviennent des proies suite à la déception de n'avoir pas compris un destin qui évolue sur une autre voie.
Je n'ai plus eu envie de remonter la filière dans le cas de David pour déterminer qui a fait quoi dans son meurtre et le temps a passé en clôturant avec ma seule conclusion "Paix à son âme".
Le souvenir de mon amitié avec lui a perduré surtout lors des anniversaires de ce drame.
Ce matin de décembre, les collègues me trouvent pensif à ne rien faire.
- Alors tu dors, m'a lancé l'un d'eux ce vendredi.
- Je réfléchis. C'est permis, non? ai-je répondu en me réveillant à la suite d'un rêve, plutôt agressif. C'est le jours du drame de David qui me revenait en mémoire mais je n'avais pas envie de l'avouer.
- Non pas du tout. Mais tu oublies notre réunion du vendredi. Noémie ne va pas être contente que tu restes plantée dans tes rêves.
Je ne réponds pas à son rappel.
Il a raison, le vendredi, c'est notre réunion hebdomadaire avec Noémie pour rassembler les différents rapports que notre équipe et elle-même ont préparés pour cette nouvelle année 2026.
Ce matin, le souvenir de l'assassinat de David en 2019, va peut-être évoqué par elle. Ses recommandations pour éviter que cela ne se reproduise, aussi. Mais à part cela, plus rien.
Le temps a tout effacé dans les mémoires.
Tous les collègues se sont installés très vite dans la salle de réunion et Noémie a commencé son discours.
Ce qu'il contenait n'avait rien de nouveau.
- Tout d'abord tous mes bons vœux pour l'année nouvelle. Je vous ai réuni encore une fois pour parler de la situation de guerres perpétuelles dans laquelle les médias sont friands. Reparler de David, je ne vais pas le faire. La police n'a rien découvert depuis toutes ces années et je pense qu'elle ne trouvera plus rien sans nouvel indice de réouverture du dossier. Pour la police, c'est une affaire classée. Pour nous aussi. Si quelqu'un veut en parler qu'il vienne dans mon bureau après la réunion. L'essentiel est maintenant de voir l'avenir du service. Certains réseaux sociaux du Dark Web nous attaquent souvent sans qu'on puisse en trouver les origines. Ils veulent nuire notre la société et les intérêts nationaux. Il y a des restructurations de personnel, un peu partout dans le secteur privé. L'ambiance de guerre existe en Ukraine-Russie avec le titre tendancieux de "Opération militaire spéciale" depuis près de quatre ans et nous en ressentons les effets dans la chevelure de la comète. En 2025, nous avons vu apparaitre Trump version 2 qui a changé nos relations avec les Américains et son gouvernement. Il a lancé une nouvelle opération secrète contre le Venezuela et capturé Nicolas Maduro. Si Trump attaque le Groenland, ce sera la fin de l'alliance transatlantique.
Après un court silence pour reprendre son souffle comme initialisation à son speech, elle continue par une série de principes de précaution que notre service se doit de connaître sur le bout des doigts comme une litanie implicite.
- La vigilance est la clé puisque les Etats Unis nous ont lâchés. Les complotistes ont été très actifs l'année passé. Ne pas perdre la mémoire, douter, explorer les théories séduisantes par l'absurde s'y cachent. Les espions sont parmi nous comme vous pouvez l'imaginer dans une ville globe comme Bruxelles. Des drones nous ont survolés. Pas besoin de faire un dessin, de donner la provenance et les noms de ceux qui ne nous aiment pas qui ont l'esprit de la démocratie en horreur. La foi en dehors de nos frontières n'a rien de démocratique. Sa destruction est devenue une obsession du malin par la force grâce à des réflexes qui leurs sont propres. Il n'y a pas que les organisations et les élites qui sont visées par des actions malveillantes. Les obsessions sont divinatoires ajoutées par un instinct maléfique des Etats et de leurs populations. Découvrir les indices, c'est cartographier les complots construits avec une architecture surprenante. Il s'agit de jouer le même jeu qu'eux dans la même direction mais en les contrant en sens inverse. Déstabiliser les adversaires en prédisant la ligne rouge qui pourrait les démasquer. Résister, c'est souvent utiliser les mêmes armes par des contre-poisons. Ces derniers temps, nos actions ont été très sollicité par la cyberguerre. Je n'ai pas beaucoup d'autres choses à vous dire. Certains d'entre vous ont pris congé et d'autres sont restés en alerte. Pour les chanceux vacances, je leur demanderai de garder leur Smartphone allumé au cas où un événement inattendu se produirait. Si quelqu'un a une autre idée à exprimer, c'est le moment. Levez-vous sans peur", dit-elle d'une traite.
Personne ne lève le doigt ni ne se lève. Tout le monde a senti que la séance se termine. Chacun sent le moment de se lever pour quitter la salle de réunion et regagner sa propre place.
- Ok. Je vous souhaite encore une fois, mes meilleurs vœux de plaisir pour l'année 2026, conclut-elle.
Applaudissements et souhaits réciproqués.
Tout le monde sort, elle ferme la porte de la salle
Au moment de sortir de la pièce, Noémie me retient par le bras avec un clin d'œil sur le visage en m'invitant à me rassoir. Elle prend une chaise face à moi.
- Je n'ai plus rien eu à dire pendant ma présentation, de la terreur comme les années précédentes, de la terreur peut-être quand David a été assassiné. Il y a six ans déjà et il faut calmer les émotions et les tristesses. Je ne voulais pas en début d'année et ne pouvais pas propager la peur que cela avait engendré. Mais il faut rester positif et prêt. Nous pouvons tous être sujet à ce genre de situation de risques. Il faut seulement penser au présent et au futur en s'adaptant à cette insécurité qui existe dès qu'on sort du bureau pour regagner son logis. On peut rester caché derrière nos fonctions de contrôle et de détection des attaques sur Internet mais il y a des moments qui peuvent être dangereux une fois seul. Il faut vivre avec les risques de notre métier qui ne sont pas nuls. Pour David, s'il n'avait pas été assassiné, cela aurait dû être doublement difficile à vivre quand on l'a peut-être repéré grâce à votre logiciel qui l'a pointé.
Elle arrête, un moment puis revient :
- Etes-vous libre, ce soir ? J'aimerais vous inviter en tête à tête au restaurant pour parler de tout cela et d'une autre idée vous concernant. J'ai un peu marre de jouer la cheffe incontestée, de faire des discours dans cet auditoire tous les vendredi pour prêcher la bonne parole, de gaver des conseils en bonne samaritaine sans assurance. J'ai participé à une réunion avec les le top niveau en fin 2025. A ce sujet, j'ai une nouvelle proposition à vous faire. Cela suffit pour éviter les drames de conscience dont nous avons vécu par de seuls prémices de suspicion. Qu'en pensez-vous?
Pris de court, interloqué par cette déclaration intime et directe, je reste de longues secondes sans quoi répondre alors que j'aurais pu répondre seulement par les mots "merci pour l'invitation".
- Bien sûr, je comprends. Oui, je suis libre ce soir et disponible en effet, ai-je répondu en faisant semblant d'hésiter.
- Ok. Disons à 19:00 heure, devant le bureau. Si je me souviens bien, vous habitez près d'ici.
- Oui, à peine quelques kilomètres. Ça marche. C'est le temps pour me préparer après la sortie du bureau au changement de l'équipe de nuit. J'arriverai à l'heure à bord de ma nouvelle auto de la société.
- A toute à l'heure, dit-elle avant de quitter la pièce.
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02. La soirée avec Noémie
"Un soir, on rencontre une inconnue que l'on connait pourtant tous les jours et qui devient une histoire d'amour"
Vu son anxiété, Noémie doit déjà avoir attendu un certain temps avant mon arrivée. Elle semble s'impatienter appuyée sur le capot de sa voiture, .
Noémie aurait fait une parfaite playmate dans un salon de l'auto pour représenter sa Mercédès bleue.
Ma petite voiture de service en Leasing ne paye pas de mine à côté de la sienne.
Ma surprise est totale. Noémie serait-elle toute différente de ses habitudes dans le privé ? J'ai presque l'impression de ne pas la reconnaître. Beaucoup moins guindée et masculine qu'à son habitude pendant la journée au bureau, moulée dans un jean très masculin aux couleurs délavées pour faire jeune.
Quand je dis différente, en réalité, sa féminité est manifestement plus intérieure qu'extériorisée par sa tenue vestimentaire. La forme opposée au fond.
Elle porte une robe semblable à celle d'Audrey Hepburn dans le film "Diamants sur canapé" avec un col qui lui monte jusqu'à la racine des cheveux.
Ses jambes fines sont visibles sous une courte jupe bleue ciel et une chemise à fleurs roses avec un voile de mousseline noué autour du menton.
Sa voiture décapotable est rebâchée. En été, ouverte, elle aurait des problèmes pour permettre de maintenir sa coiffure presque intacte. En hiver, elle a dû prendre l'habitude de la refermer.
Elle se rend compte que je l'examine de la tête aux pieds.
Voyant ma tête surprise, admirative et étonnée, un large sourire se dessine sur ses lèvres. Des gants laissent échapper les bouts de ses doigts et des ongles vernis au rouge sang.
- Oui, je suis peut-être une cheffe de service en journée, mais le soir, après le boulot; je suis aussi une femme et je ne manque pas de me changer du tout au tout, dit elle.
- Je dirais même plus, une femme très jolie, répondis-je pour calmer mon trouble trop visible de manière involontaire.
Elle ne répond pas.
Elle s'empresse d'ouvrir sa portière et de m'inviter à prendre la place de convoyeur.
- Il y a un restaurant près du centre de Bruxelles que je connais bien. J'y ai été plusieurs fois pour le boulot et j'y ai trouvé la nourriture excellente. Le chef des cuisines est très sympathique. Avant de venir, j'ai parlé avec lui, seule, avant que d'autres clients n'arrivent. Je lui ai confirmé que je ne serais plus seule en revenant. Il ne comprenait pas que je ne sois pas seule à table comme à mon habitude. Nous allons prouver que je peux être accompagnée. Je connais le chemin le plus court pour arriver au restaurant. Ne traînons pas, en route. A cette heure, il y a encore beaucoup de trafic. Les grandes avenues sont souvent un cauchemar à cette heure. Elle est connue pour connaître des bouchons sans fin.
Je l'aurais bien suivie en enfer même si elle me l'avait proposé.
Mais je tiens cette réflexion enjouée pour moi.
Le soleil est couché depuis longtemps. Pas beaucoup de lumière artificielle. Il a neigé et il faut faire attention à ne pas déraper. L'hiver est là.
Pour la première fois de ma vie, je prends place dans une Mercédès flambant neuve dans laquelle je n'avais pensé me laisser conduire par une femme même en rêve. Le moteur fait un bruit de ronflement digne d'une horlogerie fine. Elle est électrique. Elle démarre sans bruit. Instinctivement, je m'agrippe à la manette latérale mais ce n'est pas nécessaire.
Dès le départ, les petites rues s'enchaînent sous la conduite d'une experte au volant. Le trafic est quasiment à l'arrêt à cause de la neige. Sur les trottoirs, peu de monde. Tous se sont réfugiés chez eux.
Naomie ne dit rien pendant de longues minutes avant de jouer au guide.
- Vous connaissez le Cinquantenaire à votre gauche avec le parc qui l'entoure?
- Oui, bien sûr. J'y connais. J'ai visité le salon Autoworld et de l'armée. Mais je ne m'y suis pas vraiment promené suffisamment pour m'imprégner du lieu dans les détails.
- A ta droite, le parc Léopold, un lieu d'histoire où, au début du 20ème siècle, se réunissaient les plus grandes sommités scientifiques de l'époque entre autres, Einstein.
Je regarde mais je ne réponds rien, étourdi par ses révélations.
- Nous y sommes presque. Après le rond-point Schumann. Le restaurant est à proximité. Il faut dire que c'est aussi un hôtel restaurant. Une clientèle assez sélecte avec des ressources financières non négligeables s'y rencontre comme les institutions européennes à proximité. Une clientèle de lobbyistes qui tentent d'influencer les hommes d'Etat et les hommes d'affaires, des journalistes et personnalités qui viennent assister à des réunions. Je t'en parlerai ce soir. Sur la place de l'hôtel, détail amusant, du temps de Madame Merkel, elle était venue manger des frites renommées dans tout Bruxelles", annonce-t-elle.
- Je ne suis ni jamais passé par ces petites rues, ni mangé des frites comme Madame Merkel. J'emprunte souvent les grands axes. Celui-ci d'après le GPS indique le chemin le plus court en kilomètres pour arriver où il faut aller sans donner des renseignements touristiques. Je ne m'embarrasse pas trop pour trouver les chemins les plus courts pendant la journée", dis-je.
Noémie gare sa voiture enfin sur une grande place avec des cafés tout autour. Elle introduit sa carte dans un parcmètre. Dix mètres à faire et nous voici devant l'hôtel restaurant où elle désire m'inviter. Difficile de le rater. Une grande façade bien éclairée. Une double entrée à tourniquet. Rien à voir avec le petit restaurant que Noémie m'avait annoncé. A droite, une réception moderne. Un salon énorme à l'avant qui permet de s'asseoir dans des fauteuils de couleurs pour prendre du repos avec une vue ouverte surmontée par une baie vitrée et une vue sur les chambres différentes aux couleurs pastelles différentes en pleine harmonie toutes autour.
Cela sent le neuf ou le réaménagement récemment.
Des décorations de Noël sur les côtés et au plafond, en relations avec les fêtes de fin d'année. Un immense arbre de Noël qui clignote encore au centre de salle de réception.
Noémie se dirige vers la réception.
Le réceptionniste l'accueille avec un grand sourire. Il la connaît manifestement.
- J'ai réservé une table au restaurant. Nous allons prendre les cocktails de bienvenue dans le salon comme d'habitude, dit-elle.
- Bien sûr ma dame. Nous vous apportons cela tout de suite avec des amuses bouche, chère Madame Bergson.
Bergson, c'est la première fois que j'entends le nom de famille de Noémie. Au bureau, pas de plaque avec son nom et tout le monde se complait à la désigner avec son prénom. Elle ne voulait probablement pas qu'on l'appelle par son nom pour faire partie de l'ensemble avec nous.
Passer le temps à regarder le salon et à boire un cocktail se fait assez vite avant un deuxième.
Quelques informations touristiques échangées. Moins d'une demi-heure après, Noémie m'invite à rejoindre la salle de restaurant et à nous installer dans un coin fixé d'avance par elle.
Le chef du restaurant a, en effet, été prévenu de notre arrivée car il sort de la cuisine et ne tarde pas à entrer en scène avec le sourire.
Il n'a pas le temps de dire bonjour que Noémie lance toute fière:
- Je vous l'avais dit que je reviendrais accompagnée. Je vous présente mon collègue. Comment s'appelle le menu avec les plats que vous allez nous recommander ?
Le cuisinier n'a pas le temps de me dire "Enchanté" et enchaine la conversation immédiatement.
- Chère Madame, j'ai encore le détail de votre choix dans mon carnet de commande que je tiens dans la main. Vous êtes tellement plus prévisible que vous ne le pensiez, mais comme nous sommes en période nous avons encore un menu spécial de fin d'année qui ressemble à vos habitudes et qui devrait vous plaire. Et Monsieur, que prend-il?
- J'ai une confiance absolue en ma cheffe de service. La même chose pour moi, je suis l'invité surprise, répondis-je.
Il commence par rappeler le menu "rituel".
- Parfait. En entrée, du foie gras de canard avec ses confis. Ensuite des raviolis de crabe préparation "maison". Comme entrée des miniatures de loup de mer en croûte de sel avec ses petits légumes et comme plat de résistance, du gibier de faon. Cela vous va-t-il?
- C'est parfait. dit Noémie
- Que rêver de mieux. Pour moi aussi. D'accord avec ce conseil de menu?, dis-je.
- Parfait.
- Vous connaissez les vins que je prends d'habitude mettez une petite bouteille de blanc et une bouteille de rouge.
- Bien sûr. Une coupe de champagne de la maison pour commencer. Et c'est parti...
Installée, Noémie entame la conversation avec moi avec son apéritif encore à la main.
- On va un peu parler de nous, de notre privé plus intimement. Le boulot, c'est pour après. Vous ne me connaissez pas. Je n'ai pas apporté d'échos au sujet de mon passé. Je suis d'origine québécoise. J'ai perdu l'accent puisque cela fait un nombre important d'années depuis que j'ai foulé le sol bruxellois. J'ai même acquis un certain humour belge par l'autodérision, en autodidacte. Il caractérise les Belges et surtout bruxelois. J'ai reçu mon diplôme et une licence d'avocate au Québec. Devenir flic de haut niveau m'intéressait. Je suis passée aux Etats Unis pour apprendre les techniques de profilage et pour reconnaître plus facilement les coupables de crimes. C'est un peu comme les feuilletons américains "Experts" que vous avez peut-être vu à la télé. J'ai quitté le Canada car l'Europe m'attirait. N'est-ce pas sa capitale qui pouvait être le meilleur endroit pour me la faire connaître ? Bruxelles est la ville la plus cosmopolite dans le monde avec un territoire à taille humaine dans lequel on parle presque toutes les langues de la terre. Elle est aussi de tous les dangers, de toutes les histoires d'espionnage. On y rencontre toutes sortes d'organisations sociétales, de cultures et de lobbies. En fonction de mes buts, la ville de Bruxelles me semblait plus attirante que la ville lumière de Paris en brillant de tous ses feux où tout y est trop transparent. Je parle en anglais aussi bien qu'en français et ai de bonnes connaissance en espagnol. J'ai donc des facilités à m'exprimer à des cultures différentes. J'ai appris quelques phrases de base en néerlandais nécessaires mais je ne me considère pas pouvoir débattre avec des Flamands. Ce matin, j'ai parlé rapidement de David dont vous avez résolu, en principe, la triste affaire de culpabilité qui nous aurait espionné d'après les apparences et qui a probablement informé une autre organisation dans le monde au sujet de nos méthodes d'investigation. Si vous ne le savez pas, nous sommes une équipe qui fait partie d'une cellule dormante du Comité P. Il y en a dans chaque pays. Cela s'appelle Plan Parsifaf, en France, Gladio, en Italie, LOK en Grèce, P-26 en Suisse. Ma mission est d'envoyer des civils mener des missions de renseignements gouvernementaux. Au départ, j'avais pensé que vous pourriez remplacer David. Puis je me suis ravisée comme nous allons en parler. Au fait, pour ce soir, au diable le vouvoiement, on se tutoie et on se nomme par nos prénom. D'accord Greg ? Mais, je bavarde trop longtemps quant je commence. Je connais un bout de ton histoire mais pas tout. Pas de problème pour se tutoyer. Peux-tu compléter mes connaissance à ton sujet ? A toi de parler.
Tout cela, Noémie m'a dit d'un trait. J'ai à peine eu le temps d'absorber ses révélations et ses propos qu'à la suite d'un effet retard.
Interloqué par sa souplesse de réflexions, je reste un moment sans voix en constatant que ses révélations n'étaient pas terminées avant de prendre, moi-même, la parole comme relève à ses propos.
- Comme vous dites. Enfin, pardon, comme tu dis, mon histoire n'est pas banale non plus, mais pas vraiment après des études universitaires. Ma vie a commencé de manière compliquée. Un père violent avec en permanence, avec un verre en trop dans le nez. Il battait parfois ma mère. Une fois l'âge de mon adolescence, j'ai très vite compris que je ne devais pas trop m'attarder dans ma petite famille et n'avoir rien en attendre d'elle. Je devais m'évader de ce couple qui était mes parents. Cela impliquait que je devais me débrouiller seul pour trouver ma voie, mais je m'en foutais. Après une dispute orageuse dans laquelle je jouais l'intermédiaire entre ma mère et mon père en arbitre malheureux. Le lendemain, j'ai rempli ma valise et j'ai quitté la maison familiale en claquant la porte. Ma mère a tenté de me retenir, mais elle n'y est pas parvenue. Avant de partir, je lui ai conseillé de quitter mon père, une fois que je serais parti. Résignée, elle avait assez résisté un temps mais j'ai appris dans la suite qu'elle avait suivi mon conseil et quitté mon père quelques mois après. Leur vie ne me regardait plus. Ma décision prise, je ne reviens jamais en arrière. Candide, ouvert à tout, j'avais des facilités d'apprentissage. Je suis passé par une foule de petits métiers. Très ambitieux, j'ai fréquenté des milieux bien plus élevés que ceux de ma condition initiale sans y être invité. J'ai écouté subrepticement tous les secrets échangés sous le manteau, magouilles comprises. Je prenais des notes de tout ce qui se passait autour de moi, des moindres conseils entendus avant de retourner dans mon petit meublé. Je n'avais qu'un but : devenir riche, un jour, pour épater mon père et ma mère.
Je fais une pause et reprends mon souffle avant de continuer par ce qui m'est plus douloureux à raconter. Après un court instant comme pour reprendre mon souffle, je reprends
- Comme je le disais, tu dois avoir pris connaissance du rapport de police et de ce que j'ai fait comme connerie qui m'a poussé vers la prison. Je récapitule. Un jour, j'ai rencontré un gars plus âgé que moi que tu n'as évidement pas connu. Il s'appelait Vic. Il était très taiseux. J'ai compris qu'il désirait rester caché et passer inaperçu dans les mêmes milieux que je fréquentais. Cela m'avait intrigué. Il faisait un peu le jeu d'une ombre opaque malgré le fait qu'il était en charge d'un job tout a fait respectable dans la légalité en pleine intelligence et dans les honneurs de ceux qui suivaient son intelligence. Je me disais qu'il avait probablement des choses à cacher sans esbrouffe. Quelque chose à laquelle , je pouvais y gagner. Cela m'a fait pencher un peu plus le regard sur lui et à écouter les infos qu'on pouvait trouver sur lui. Je l'ai donc suivi subrepticement dans ses agissements. J'ai pensé qu'il devait avoir des failles dans la cuirasse de son incognito. Bref, j'ai découvert ses forfaitures de solitaire. Ensuite, je l'ai forcé et même acculé, à m'accepter comme son complice sous peine de révéler ses magouilles aux autorités. Je dois dire que nos relations ont parfaitement fonctionné ensemble longtemps après une période d'essais. Je suis entré dans sa vie dans son appartement comme un véritable disciple. Tout prenait bien forme. J'ai appris ses techniques dans le détail avant d'y jouer mon propre rôle. Notre tandem a très bien fonctionné dans une sorte de "Association Avec But Lucratif". Le jour, il travaillait à l'extérieur dans un job officialisé comme couverture et je prenais son relais pendant la journée. Cela tournait ainsi et l'argent entrait dans nos caisses petit à petit. Le malheur a été ma terrible ambition. Elle m'a fait perdre le nord et son amitié. Une ambition de devenir encore plus riche, plus vite, plus forte que la sienne. J'étais trop gourmand. Je voulais viser encore plus haut. Vic, très intelligent et patient ne voulait pas suivre mon rythme. Il finit par me déranger. Après un gros lors d'une période de fêtes de fin d'année, choisie pendant l'absence de beaucoup d'employés administratifs, notre relation a tourné à l'aigre et s'est mal terminée. Je voulais reprendre le contrôle de l'affaire et je l'ai tué. Ensuite, ce fut ma fuite. Mal préparée, j'ai été très vite localisé à l'endroit où il prenait des vacances près de l'île de Gozo en préparant sa retraite. Arrivé sur place pour récupérer ses avoirs, je m'y suis fait cueillir comme un débutant. Mon meurtre, m'a coûté 8 ans de tôle. Le reste, tu connais.
Noémie réfléchit et ne répond rien.
Je ne sais pas si elle est soufflée ou seulement surprise au sujet de mon passé. Peut-être en sait-elle d'ailleurs bien plus que je viens de raconter sur mon compte grâce à mon dossier qui a dû être constitué au moment de mon arrestation et qu'elle a dû lire avant de m'engager dans son service.
J'embraye en essayant presque de m'excuser de ma vie de débauche.
- J'aimais bien David que l'on accuse d'agent double. En principe, il a été descendu et on a immédiatement pensé qu'on voulait l'éliminer pour qu'il ne parle pas. Tu ne dis rien. Tu dis que tu pensais peut-être me demander de remplacer David. Tu as semble-t-il changé d'avis. Qu'as-tu à me proposer dans la discrétion, sinon nous ne serions pas ici. Je ne suis plus trop candidat pour virer dans les eaux troubles de ma vie d'avant. Est-ce que par hasard, tu ne me renverrais pas dans la clandestinité comme avant, du temps de Vic ? Avec qui sait, un aboutissement plein de risques en tant qu'agent double ? Je ne suis jamais remonté dans l'histoire de David au sujet de ce qu'a réellement caché David, de ce qu'il a fait dans son passé avec ce qu'il voyait d'intéressant dans le job et de transférable pour intéresser les autorités étrangères. Une conclusion d'espionnage relative à lui reste encore à prouver, non? Si c'est vraiment pour devenir un nouvel agent double, je ne vais pas devoir te rappeler ce qui est arrivé à Mata Hari. Les Français et les Allemands l'ont royalement laissée tomber et elle a été exécutée sur un peloton d'exécution par les Allemands. Tu te souviens aussi de l'histoire du "Professionnel" dans lequel Belmondo avait le rôle du trompé par son gouvernement qui, chargé d'une mission qui, malheureusement, n'était plus à l'ordre du jour. Tu te souviens que pendant que nous nous faisions hacker, à une des étapes, tu as été en danger en te faisant kidnapper.
- Je sais, je sais, mais, oublions David si tu veux bien...
Sur ces rappels du passé, elle veut me répondre d'arrêter d'en reparler mais la sonnerie de son Smartphone résonne et rompt al discussion comme à son habitude.
Noémie le prend et, sans même regarder qui appelle, pousse le bouton d'arrêt comme si elle avait oublié de le couper avant de venir au restaurant.
- Je m'excuse. On ne parvient plus à avoir la paix dans notre monde connecté. Cela sera pour plus tard, dit-elle gênée.
Les premiers plats arrivent sur table et la conversation s'interrompt pour écouter le serveur qui détaille le contenu des amuse-gueules.
Dans la salle, la soirée avançant, l'ambiance devient plus animée. D'autres clients sont entrés dans le restaurant et, dans d'autres coins de la salle. Il s'agit de rester discret dans notre coin que je soupçonne être réservé pour des révélations et des propositions dont elle veut me parler.
Discussion vite stoppée, nouvelle interruption du patron du resto qui reprend le fil des informations culinaires en servant les entrées.
Enfin, on arrive aux plats consistants.
Noémie reprend alors quand le patron n'est plus face à notre table.
- Tu goûtes comme la nourriture est constituée d'un peu de tout. Cuisine française assaisonnée d'arômes exotiques, cela devient magique. Tu vas voir que les déserts sont tout aussi performants, dit Noémie.
- Je m'en goinfre sans trop faire ressentir ma faim. J'adore la nourriture poivrée, salée et sucrée. Il y a longtemps que je n'ai pas aussi bien mangé.
Arrivée au bout des fils des repas, Naomi interpelle un serveur comme si elle était pressée par le temps.
- Garçon, on peut passer au dessert ?
Le garçon arrive avec un Saint-Honoré à la crème surmonté de quatre bougies et de thé, café et mignardises.
- J'ai oublié de te le dire. Aujourd'hui, c'est aussi mon anniversaire et je me devais de le partager avec quelqu'un comme toi avec quelques fantaisies en plus comme je les aime, lance tout de go, Noémie.
- Bon anniversaire, Noémie. Si j'avais su, j'aurais peut-être apporté un cadeau ou des fleurs.
- Merci, je suis très honoré. Tu sais des cadeaux, je m'en fais tous les jours quand cela me plait. Parlons maintenant de ce que je pensais te proposer à la place de devenir le remplaçant de David. Je te destine à une autre fonction. J'ai une proposition à te faire. L'enquête au sujet de David est au point mort. Il ne faut plus trop en espérer. Chez nous, tout le monde a été suspecté et interrogé mais avec le temps tout a été vite oublié, même si ce n'est pas pour toi. Cette affaire est même plus compliquée que l'assassinat de ton ancien copain, Vic. David est passé entre les fils d'une toile immense qui cache des objectifs parfois bien plus obscurs au moment où elle touche le mur de l'incompréhension internationale. Je ne sais pas encore qui, chez nous, va prendre sa place comme second.
- Je suis toute ouïe. A quoi me destines-tu ?, demande-je.
- J'ai participé à une réunion avec mes supérieurs. J'ai reçu de nouvelles propositions avec de nouveaux objectifs poussés par eux. Je n'ai pas pas pu les refuser.
- Ah, ou aille ?
- Bruxelles est la ville des lobbies et ceux-ci ne connaissent que des rapports avec des affaires d'argent, de corruptions en arrière plan avec leur fonction. Pour y arriver, ils sont prêts à tout pour influencer les autorités de Bruxelles dans le choix de leur politique et de leurs commerces. Cela en étant tout autant, influencés eux-mêmes entre eux. Mais au niveau politique, les espionnages sont encore plus dangereux.
Un peu surpris par ce changement de cible, je reviens sur la voie de départ comme si nous avions été à nouveau coupés.
- J'ai reçu des confidences de David mais j'étais à des années lumières de penser à ce qu'il faisait en tant que second. Les raisons plus intimes de son changement de cap sont probablement à chercher encore ailleurs. Nos faiblesses et risques vont de pair avec l'argent. Il suffit parfois d'une mauvaise passe du côté finances. Parle moi de tes nouveaux objectifs à mon sujet et oublions David.
- J'avais aussi une confiance aveugle envers lui. Je n'ai pas vraiment changé d'avis. On l'envoyait dans des missions de confiance de prospection pour trouver des candidats comme toi pour rejoindre l'équipe. C'est ta propre personnalité qui m'intéresse. Ta sensibilité et ta transformation lors de nos premières rencontres. Ton amour pour l'argent ne changeant rien. Je l'apprécie aussi, au contraire. D'après ton histoire, tu avais un besoin d'argent dont je n'ai pas à comprendre tes motivations et tes raisons. Toutes relations dangereuses peuvent finir en prison ou par la mort. C'est dans l'ordre des choses. Il a peut-être eu un besoin urgent d'argent pour régler une dette importante qu'il ne pouvait payer d'une manière ou d'une autre. Son salaire était pourtant suffisant et même important mais quand on a besoin d'argent plus rapidement, tout devient possible pour arriver à ses fins.
- Avec Vic, je te rappelle, mes fins m'ont envoyé en prison pendant 8 ans que je n'ai pas envie de recommencer et de retourner au trou.
- Ce que je vais te proposer n'est pas la sécurité totale. C'est même risqué. J'en suis consciente. Mais je t'ai senti volontaire, efficace, aventureux et aussi très prudent pour pouvoir relever d'autres défis. En prenant une nouvelle position, ce ne serait plus la même vie sédentaire que tu connais dans notre bureau. Ce que je te propose, c'est, être solitaire et de devenir un contre-espion auprès de la Commission européenne en mission dans les projets de sécurité pour nous et l'Europe entière. Les institutions européennes disposent de services de sécurité internes mais ils sont reconnus en tant que telles. Celle des bâtiments, de la protection de l’information, du contrôle d’accès. Il existe aussi des unités spécialisées de contre-espionnage de contre-ingérence au sein du Secrétariat général du Conseil et au sein du Service européen pour l’action extérieure. L'OLAF traite des enquêtes internes et des fraudes. Les États membres de services nationaux de renseignement et de police jouent un rôle central lorsque la menace relève de la sécurité nationale. Cela peut être plus dangereux que tu le penses en entrant dans le secteur du renseignement international dans la clandestinité. Nous sommes en guerre entre la Russie et l'Ukraine avec l'intermédiaire de l'OTAN. Tu es au courant de ce qui s'est passé avec la collusion existante lors du Qatar Gate. Tu as entendu les affaires de blanchiment d'argent à la Communauté européenne. Ce sont des faits. Nous avons été capturés dans les filets commerciaux en suivant les affaires d'Etats. Mais depuis cette année, Trump a tout bouleversé. Nous ne sommes plus des alliés main dans la main. Les zones d'influence ont changé. En principe, depuis l'invasion des Russes en Ukraine, les Russes sont devenus "personna non grata" dans notre pays. Mais ceux qui étaient déjà là sont restés. Comme les pouvoirs américains. ll faut donc aussi penser à passer bien plus loin que ces années 2022 avec ce qu'a appelé Poutine d'opération militaire spéciale. Certains pensaient que l'année 2022 était entrée de plein pied dans une transition qui correspondait à la prise de pouvoir de la Russie et ensuite de la Chine comme premier empire du monde du Milieu. Le parti unique chinois contrôle toutes les entreprises privées qui sortiraient de leurs prérogatives. Nous sommes entré dans un monde multipolaire du chacun pour soi. La collusion de la Russie avec le pouvoir chinois existe actuellement en sourdine, sans faire de bruit à part à Taiwan. Elle s'oppose à notre modèle libéral de vie, de liberté avec une démocratie d'Etat comme parapluie. Leur deux Etats, soi-disant protection totale, sous leur coupe et leur vérification se font dans un esprit étatique, Xi Jinping pense devenir la puissance numéro un en 2045. Pour y arriver, il y a les prémisses à observer. La Russie s'est épuisée pendant ces quatre années de guerre. Elle a perdu beaucoup d'hommes mais elle s'affaiblit en période d'économie de guerre. Les drones sont devenus les armes essentielles et peu coûteuses de la guerre. L'armée chinoise n'est pas aussi forte en matériel que nos anciens alliés américains, mais, elle augmente ses forces militaires guerrières en lorgnant sur l'acquisition de Taiwan et d'autres îles du Pacifique. En nombre de militaires en exercice, la Chine dépasse allègrement ceux des Etats Unis. Alors, la Chine reste aux aguets avec l'évolution du conflit larvé entre la Russie et l'Occident, elle n'oublie pas leur objectif de la conquête économique et peut-être militaire du monde. Elle installe ses pions aux endroits stratégiques en Europe, en Afrique et en Amérique du Sud en attendant patiemment son tour par les conquêtes commerciales et impérialistes sur la Route de la Soie. Elle surveille ce que l'Occident démocratique ferait si la guerre russo-ukrainienne dégénérait sur le sol occidental protégé par l'OTAN. Ce sont des pays dans lesquels la vie n'a pas le même prix que chez nous en Occident. Nous avons les médias, les réseaux sociaux qui jouissent d'une liberté d'expression inconnue de leur côté. Nous avons dû céder en catastrophe notre approvisionnement en énergie. Les Terre rare sont chez eux, une arme de réserve à la base réservés aux technologies numériques. Des Terres rares, les Chinois en ont quasiment l'exclusivité pour les extraire. Celles-ci entrent dans l'exploitation de tous nos appareils électroniques. Nos espoirs étaient fondés sur la démocratie et la diplomatie pour nous apporter tout ce que nous voulions consommer aux prix les plus bas. Tu te rends compte que si un jour, les Américains ont envie de nous mettre à genou en coupant les ponts comme on a fait pour les Russes viennent de le faire avec l'énergie. Cela ne nous arrangerait pas trop. Trump n'en a rien à foutre avec l'écologie. Il a résolu son problème d'énergie en remettant les énergies fossiles et maintenant avec le Venezuela. Combien de temps faudrait-il à l'Occident pour relancer la production et l'exploitation au même niveau des nécessités pour rivaliser la Chine d'un côté et les Etats-Unis de l'autre ? Des mois et des années. Nos anciens dirigeants sont pris à la gorge et les jeunes ne le savent pas encore en consommant ce qui est disponible sans se poser de question. Tu es sans savoir qu'il n'y a pas beaucoup de produits importés qui n'ont pas la mention "Made in China". Nous nous sommes fait enculé par la Russie qui nous exportait notre gaz et que nous avons été obligé à réduire au maximum pris à la gorge en nous tirant une balle dans le pied. Nous risquons de refaire le même scénario grâce à des prix moins chers que nous ne pouvons pas ou plus produire localement. La stratégie de l'esprit est une recherche de croissance et d'extension de leur territoire grâce à l'économie géopolitique de marché tout en tenant celle-ci sous l'étroit contrôle politique et financier. L'ombre des impérialismes plane dans une sorte de préservation et d'harmonie artificielle avec les fondamentaux égocentriques comme mécanisme du pouvoir. Comme le disait Trump, l'Europe est fondamentalement décadente. Mais je suis sûre que tu t'en rend compte
- Si je comprends bien, l'Europe entre en plein pieds avec des pieds entravés et joints dans la grande géopolitique de la possession du monde.
- Oui. Il n'y a pas que l'Europe. Nous sommes dans un marché ou une cacophonie de dupe s'est installée avec Trump qui a pris le pouvoir le 20 janvier. Je répète "Les Américains ne sont plus les alliés d'antan". Il faudra jouer seul et peut-être avec les mêmes armes en s'y opposant.
- Est-ce que je serais la bonne personne pour atteindre un tel niveau d'opposition aux magouilles des Etats ? Qui me payerait dans ce milieu de genre de lobbies géopolitiques ? Est-ce que l'Europe, la Belgique ou notre service en particulier qui transite par la Communauté européenne ?
- Si tu parviens à t'infiltrer dans leurs propres lois, tu seras évidemment payé par nous en réponse aux risques que tu prendrais. Si je me souviens bien, tu as appris en prison quelques langues pour passer le temps. Je te donnerais une accréditation pour pénétrer au sein des organismes européens au centre de Bruxelles. Tu serais protégé par nous malgré ta solitude face à des ennemis potentiels.
- Oui, j'avais le temps d'apprendre les bribes de langues en tôle. Mais, je n'en ai aucune expérience pratique et orale. Je n'avais personne pour m'y exercer. Si je comprends bien, tu m'offres une place pour remonter à la source de notre faiblesse des magouilles de l'espionnage. Russes et chinoises, cette fois, Américains. Ce que tu m'offres comme job est en principe, la fonction me permettre d'être au contre-espionnage et aussi me compromettre. Il me faudrait des garanties d'être reconnu dans ce nouveau job si cela tournait mal. Si cette reconnaissance figure dans mon nouveau contrat, j'accepterai ce poste. Mais, simple question, comment penses-tu me faire procéder pour entrer dans cette fonction ?
- Tu seras en stand alone. Il te faudra signer une décharge pour prouver que tu travailles en notre nom. Je ne sais si tes connaissances sont assez poussées. J'ai lu quelque part les principes de Mao et de Sun Tsu. Ma prononciation ne vaut peut être rien mais voila ce que j'ai noté comme stratégie chinoise : 'Non geum baouweicheigshi nei fang. Wai yuan nei fang'. On peut la traduire par utiliser les campagne pour encerclé les villes de manière ronde à l'extérieur et carrée à l'intérieur". Le principe "Lao guang yang" en serait le principe stratégique qui a suivi en cachant son jeu et en attendant son heure". Nous, on utiliserait plus simplement la maxime d'avoir une main de fer dans un gant de velours. Mais eux ne connaissent ni les gants ni le velours
- Non, je n'ai pas pu traduire les principes que tu me donnes.
- Si tu acceptes, tu vas les connaitre très vite auprès des cabinets de relations publiques d'avocats du type "Team & Network". Une fois parmi eux, il te faudra travailler avec une discrétion identique à celle de ton ancien collaborateur, Vic, que tu fasses de la prospective auprès des gens qui ont les moyens politiques d'influencer et des autres lors des conseils d'entreprises et de colloques parlementaires. Au besoin, il te faudra saper leur énergie à la base. Fixer des punaises dans tes joues pour garder le sourire et caresser tes contacts dans le sens du poil avec les deux mains jointes pour saluer des Chinois. A l'ambassade de Chine appelée "Mission of China to EU", derrière des grilles, des caméras surveillent tout autour. Si tu veux prendre des photos trop précises de l'OTAN, ou de l'ambassade chinoise, tu verras très vite un représentant qui viendra te demander d'arrêter en te forçant à donner le but de tes photos avant de les effacer ensuite de ton appareil photo. Je peux t'assurer que cela n'a rien à voir avec le restaurant "La Feuille de Menthe" dans lequel tu prendrais une photo d'anniversaire entre copains. Je sais que tu n'as pas été formé pour tout cela mais, tu es assez intelligent pour leur donner l'impression d'être neutre. Tu peux assurer ce job, après quelques mises à niveau. Avant de t'envoyer en mission sur un champ de bataille, tu vas recevoir des cours de psychologie pour déceler les jeux de séduction à apprendre à joindre tes deux mains devant la poitrine en guise de respect, en partageant des séances de pratique. Tu te trouvera dans un monde à part dans lequel on travaille beaucoup. Et comprendre l'esprit chinois et américain comparé au nôtre. En Chine, on peut travailler jusqu'à l'épuisement et être remercié par de très courtes vacances. Cinq jours de congé payés après de une à 10 années d'expérience. Aux Etats-Unis, c'est presque la même chose avec le risque d'être viré pour ne pas avoir compris le principe yankee. Combatif, il faut compenser la perte de leur présence avec d'autres partenaires. A l'occasion devenir lanceur d'alerte. J'ai fais des études de droit dans lesquels on apprend les ficelles du métier. Je t'aiderai aussi au besoin au niveau juridique.
- Cela me parait être un challenge très intéressant. J'accepte. J'aime les risques si j'ai un bon parapluie. J'espère que tu m'en donneras un blindé.
- Bien sûr. Enfin, on se comprend. La semaine prochaine, j'annoncerai ton changement de fonction dans l'équipe sans donner beaucoup de détails. Tu devras sortir de la virtualité exercée dans nos bureau et entrer comme agent de liaison avec l'extérieur. Moi, je reste à l'intérieur en médiatrice contre la corruption des fonctionnaires. Ici, nous sommes à quelques centaines de mètres de l'OTAN. Tu ne seras pas loin de la Commission de l'Union européenne. Ce milieu voit défiler une foule de lobbyistes et d'espions. Je ferais bien de t'introduire dans ce milieu insolite pour commencer ton enquête.
- Je jetterai des dés comme dans un jeu de l'oie, avec des sauts de puce. En essayant de ne pas tomber une case prison. J'avais commencé à écrire ma vie passée avec Vic à la suite de mon passage par la case prison. Je n'avais pas encore le titre de ce que j'écrivais. Le voici peut-être "Opération spéciale informationnelle".
Noémie éclate de rire pour répondre à mon sourire malicieux.
- Pour se joindre, il te faudra un pseudo et un mot de code sous forme de chanson que nous aimons bien et que l'on chantera ensemble aux moments stratégiques ou dangereux pour transmettre tes rapports l'un après l'autre, réplique Noémie en continuant à rire.
- Je devrai m'infiltrer chez des ennemis de la nation belge comme une taupe. Passer par les réseaux sociaux en faisant semblant de prendre leur défense et leur donner confiance comme David l'avait fait dans un statut complètement différent. C'est exact ?
- Bonne idée. Pas de problème. Si tu parles argent en donnant des conseils pour en gagner, tu trouveras du monde sur ton chemin. Il y a des lobbies susceptible d'espionnage à tous les niveaux, à tous les étages de la grande maison de la CE. L'écologie, les produits chimiques agricoles et pharmaceutiques sont à la mode chez nous mais pas chez eux. La vérification de l'évolution des comptes titres et des portefeuilles est aussi une bonne approche. Les rouages médiatico-politiques sont des sources d'informations judicieuses et j'en passe. Ton infiltration va probablement t'obliger à mettre ton éthique entre parenthèses. Les pots de vin sont monnaies courantes dans ces milieux. Je te donnerai les meilleures références possibles. Ajoute-toi, voilé, à LinkedIn. Les gros clients de lobbies le consultent. Les infos récoltées et les rumeurs valent de l'or quand elles sont prémonitoires aux actions concrètes à prendre dans la discrétion. Sois en alternance, le chevalier blanc qui passe faussement au noir. N'apporte jamais ta confiance à un interlocuteur sans l'avoir testé pour y découvrir ses intérêts et ses failles. Pousse-le au besoin dans ses derniers retranchements. Pas question de te faire passer comme journaliste avec une carte de presse. Dans l'empire du milieu, on déteste les journalistes. Pense à ton logiciel de détection des taupes et modifie-le si nécessaire en l'extrapolant.
- J'ai connu ces points de prudence par cœur surtout quand j'étais en prison. Les Judas faisaient partie du jeu.
- Pour faire ton apprentissage dans ta nouvelle fonction, cherche des informations au sujet des personnes qui te paraissent suspectes. "Quand on cherche, on trouve" est la devise de Scotland Yard. Garde toujours des indices de suspicions en arrière-plan. Tu les trouveras parfois sur ton chemin pour suivre des grandes causes. Officiellement, ils participent à des manifs au sujet de l'environnement, des sans-papiers, des opérations de soutien aux migrants et des causes officielles qui motivent des situations troubles pour se faire bien voir par la smala. Détrompe-toi, ce n'est pas toujours le fond des choses. Des gens de l'extrême-gauche et de l'extrême droite agissent en pleine légalité sans être inquiétés, sans être inoffensifs pour autant. La violence des manifestations se produisant dans l'environnement de la CE ne proviennent pas toujours des citoyens lambda mais de citoyens qui en poussent d'autres pour suivre leur propre finalité.
- Ils ont ainsi des couvertures dans la légalité de leurs actions.
- C'est évident. Engagé, tu vas être rétribué grassement par tes nouveaux services. Tu remercieras tes généreux donateurs comme il se doit. Mais je te demanderai surtout de me prévenir si on essaye de te corrompre, de te soudoyer en te proposant de gagner encore plus. Je préfère que tu me demandes une augmentation de salaire plutôt que tu me fasses un enfant dans le dos, corrompu par une source plus généreuse. Je n'aime pas les risques liés à l'hypocrisie et les doutes qui accompagnent.
- C'est ça. Le mieux est souvent l'ennemi du bien et l'habit ne fait pas le moine, mais il n'y a pas que l'habit qui trompe énormément. Les éléphants aussi. Plus ils sont gros, plus ils sont dangereux.
- Tu dois apprendre à tirer les vers du nez de ces personnes sans donner l'air de m'intéresser à eux. C'est tout un art de la diversion.
- Je comprends vite. Il faut parfois séduire pour percer les murailles en apprenant quelque chose sans rien dire sans laisser comprendre ses propres intentions. La Chine n'est plus l'usine du monde à qui on apprenait innocemment les techniques occidentales de construction de voitures, de machines etc. Il suivent leur propres modèles de diffusion en les testant localement avant de les diffuser dans le monde entier. Pour survivre, il faut sembler rester innocent coûte que coûte. Au besoin devenir un ami pour l'un d'eux en le draguant par une propagande qu'ils aiment et se permettre un revirement à 180 degrés. En Chine, dans les années 2020, le Covid a été caché jusqu'à soulever la population chinoise. Xi Jinping dans son message de début d'année disait alors qu'il faut avoir la lumière de l'espoir en l'harmonie et en la prospérité. Leur vaccin Coronavac a révélé une efficacité plutôt médiocre et la population n'a été vaccinée que partiellement. Rester masqué dans tes relations avec eux. La Russie est le premier pays a s'attaquer à l'Occident. La Chine sera le suivant.
- Tu devrais lire le livre de Sun Tsu "L'art de la guerre". Il avait découvert beaucoup de principes de la guérilla pour éviter la guerre. L'espionnage est un chapitre entier dans son livre. "La confusion crée le chaos et le chaos crée des opportunités" écrivait Sun Tsu.
- Vic m'en avait parlé, mais je n'ai pas lu "L'art de la guerre".
- Tu vas recevoir, avant de commencer ton nouveau job, les mêmes cours de psychologie que j'ai reçus moi-même avec mes cours d'avocate. On ne fait pas dans la dentelle dans l'espionnage ou le contre-espionnage. C'est tout un art comprendre le dessous des cartes de l'âme humaine. Ce matin, dans mon speech, je n'ai évidemment pas parler de tout cela. Mon speech de ce matin a dû te dire que c'était du baratin et cela en était, en effet.
Noémie savait tout de mes pensées intimes sans me le demander. Elle lisait en moi avant que je le pense moi-même. J'aurais aimé en savoir autant sur elle-même, moi qui n'avait approché que le domaine des chiffres et pas dans celui des sciences humaines.
Elle continue après moins d'une minute.
- Fais semblant de détester l'argent du capitalisme, de la finance, des bourgeois et présente toi à l'intérieur plein d'énergie pour participer au communisme en précisant que la pénurie d'énergie et d'eau sur terre se trouvent à l'extérieur de la Chine. Fais semblant de faire partie du clan des redresseur de torts. C'est fou comme on aime cela chez les gens. L'injustice du monde est immense mais on s'en fout. Les riches y sont incroyablement riches mais peu nombreux. Pas vraiment par leur travail d'ailleurs jusqu'à la relève et qu'on les renvoie à la retraite prématurément. Les pauvres sont incroyablement pauvres et se doivent d'engraisser les riches. Ce sont les empires comme celui des Etats Unis qui sont responsables de tous les maux en dépositaire de la misère du monde. Les pauvres qu'il faut défendre, y sont innombrables. La croissance est en baisse. La classe moyenne se dissout. Tu vas très vite remarquer que c'est dans le luxe que tu trouveras les personnages les plus ambigus et les plus ambitieux. Cela veut dire qu'il vont mettre le paquet pour déstabiliser. Un conseil, méfie-toi de jolies Mata Haris et ne sois pas le pigeon de la farce. Si tu ne le sais pas, nous faisons partie des agents du CERT, de la "Computer Emergency Response Team", c'est-à-dire de ceux que les hobbies pourraient détester à un moment ou un autre.
Je reste un long moment sans rien dire. Noémie et moi, finissons les plats sur la table dans le recueillement en les savourant sans parler.
Tout à coup, après une période de silence, elle me lance:
- Tu reçois tous mes pouvoirs, l'argent et maintenant, je vais t'offrir le sexe.
J'ai tout avalé de l'entrée au désert pour découvrir les manières pragmatiques de pensées de Noémie mais pas au sujet de ce dernier volet "le sexe" qui me surprend. Ce mot "sexe" m'a presque fait avaler de travers. Ce sujet tabou n'avait jamais abordé.
- Tu n'es pas puceau, au moins?, dit-elle
Je ne sais que répondre. Pas eu le temps de m'enticher d'une femme pendant les huit ans en tôle. Elle serait partie avant la fin de ma peine. On n'y fait pas vraiment l'amour derrière les barreaux. Ce sont plutôt des histoires de coups de bâton entre colocataires d'infortune. Mes parents n'ont pas donné le bon exemple de réussite. Avant cela, je devais me trouver en solitaire endurci, charismatique et plus muet qu'une tombe dans mes opérations illicites. J'ai eu de petites aventures sans suites qu'il fallait juguler au juste prix de la performance. Il faut que le corps exulte comme le chantait Jacques Brel. La confiance se gagne ou se perd par l'expérience.
Qu'aurais-je pu répondre d'autre que :
- Non, pourquoi ? J'ai eu des filles de passage avec qui l'on baise et des femmes avec qui ont fait l'amour sans lendemain. Elles ne sont en général, pas les mêmes. J'ai eu des aventures et j'ai été formé, très tôt, auprès de femmes plus âgées que je l'étais.
- Je ne connais pas exactement ton âge mais j'ai une approximation entre 50 et 55 ans. J'en ai 45 aujourd'hui. Je ne sais si cela te botterait cette différence d'âge. Avant de venir ici avec toi, je me suis renseigné, il y a des chambres à l'étage dans ce restaurant hôtel. Je n'en ai jamais utilisé une. J'ai réservé la meilleure chambre pour nous après les repas.
- Quelle prévoyance. Quelle visionnaire... Au départ, au bureau, je pensais que tu n'étais pas mon type de femme. Je t'ai rencontré complètement transformée ce soir du côté vestimentaire. Je m'attendais à tout, mais pas à la fin de notre conversion avec cette question là. Tu me dragues ou je me trompe? Suis-je d'abord ton type d'homme?
- Je comprends. Tu ne peux le savoir. Aujourd'hui, ce sont aussi les femmes qui choisissent leur partenaire. Ce ne sont pas les rapports que j'obtenais à ton encontre qui m'ont fait tourner l'œil à ton égard. C'est lors de notre première rencontre quand que tu étais encore en prison et que tu as accepté d'entrer dans l'équipe que j'ai fixé mon dévolu éventuel sur toi. J'ai constaté avec le recul du temps que j'avais bien choisi au niveau professionnel mais pas encore dans le lit sous la couette.
- Et tu as pensé que je n'aurais pas d'opposition à tes désirs et que j'allais être ton nouveau "boy friend" désigné d'office...
- Voyons. Pas marié. Apparemment, pas homosexuel. Pas de petite amie qui venait te chercher comme d'autres le font, le soir. J'ose penser que je ne suis pas trop mal conservée. J'ai encore tout comme toi, quelques atouts du côté plumage. Quelques plumes à partir de mon ramage à partager. Ce n'est pas à un mariage que je t'invite. C'est mon anniversaire et j'aimerais le fêter de manière spéciale dont je me souviendrai avec toi.
- Et donc tu as réservé un "bed & breakfast" pour l'occasion dans l'hôtel.
Noémie n'a pas le temps de me répondre qu'un homme s'avance vers nous.
- Mais quelle coïncidence, Noémie. Toute en beauté. Tu n'es plus tout à fait célibataire à ce que je vois, dit-il d'une voix péremptoire.
Noémie a la réponse du tac au tac, faite sur mesure.
- Par contre toi, je m'étonne que tu sois seul. Tu as perdu ta dernière?
- Non, elle m'attend impatiemment au fond le salle. Je vais la rejoindre. Je vous souhaite une bonne soirée et une bonne fin d'année à tous les deux.
Pas de doute, je sens que cet homme a dû être un prétendant éconduit par Noémie.
Il s'éloigne en disant "Bonne soirée".
Comme si de rien n'était, je reprend le dialogue.
- Qu'aurais-tu fait si j'avais répondu par la négative à ta proposition ?, dis-je
- J'aurais raté ma soirée ça s'est sûr. J'hésiterais entre libérer la chambre sans rien dire en m'en allant en douce et en te laissant payer l'addition complète de cette rencontre. Il est près de 22 heures, c'est un peu tard pour chercher un remplaçant. Plus de "tu" entre nous, ce soir. On reprendra nos distances dès lundi. Je ne veux pas non plus qu'il y ai du favoritisme que j'apporterais intuitivement à un de mes subalternes parce qu'il est le petit ami de la patronne. On ne fait pas ce genre de confidence en public. Si ce soir, le jeu en vaut la chandelle, pour d'autres gâteries, il faudra attendre une autre occasion tout aussi propice. Ce weekend, je serai à Londres et puis à Paris. Je ne t'embêterai plus. Tu as accepté ma proposition. Il y a toujours des risques dans toutes les confessions et les relations suivies de propositions.
- Tu me donnes, en quelque sorte, une licence pour faire l'amour ou une licence pour tuer ? Si c'est le cas, il faudra que je sois armé.
- Tout comme pour David l'était ainsi que moi-même, je te ferai parvenir un Glock 26 semi-automatique, léger, fiable avec des munitions 9mm. David aurait pu l'utiliser mais, surpris, il n'en a pas eu le temps de le dégainer. Mais, ce soir, je suis désarmé. Faisons l'amour et pas la guerre comme autour de nous pour oublier que nous sommes depuis quelques temps, face à de nouvelles technologies d'espionnage et de nouvelles manières de surveiller et d'espionner comme Pegasus. L'espionnage commercial des GAFA n'est pas à sous-estimer. .
Elle se tourne vers moi et m'embrasse violemment sur les lèvres comme si elle voulait s'y perdre complètement. Je ne bouge pas en assistant à ma propre impuissance à lui répondre.
Quand finit son baiser, elle me demande:
- Alors, on y va ? Je demande la clé de la chambre ou tu veux encore faire un tour à l'extérieur pour assurer la digestion?
- Je préfère monter dans la chambre. A cette heure, il ne doit pas faire très chaud dehors si ce n'est pas humide. Je pourrais survivre au repas mais peut-être pas au froid extérieur. J'ai entendu les médecins généralistes qui sont envahis de demandes de rendez-vous, malades de la grippe.
- Ok. Je demande l'addition pour le repas et la chambre.
Elle sort la carte bleue et dit "on y va".
Après avoir réglé et ajouté la chambre à l'addition du menu, à la réception, elle m'invite à la suivre. Elle me prend la main en douceur. Je n'ai plus qu'à la suivre comme un coq en pâte ou comme un mouton pas encore tondu.
Dans l'escalier, Noémie a la souplesse d'une chatte sur un toit brûlant.
Tout ce qui suit, se passe comme dans un rêve flou encore éveillé. Nous avons dû aller jusqu'à la chambre. La peau infiniment douce de la main de Noémie descend le long de mon cou avec tendresse, longe mon thorax et s'arrête à la place sensible de mon individu. Un endroit dont je n'avais plus connu depuis longtemps les dangers.
Pas de doute, Noémie est une femme entreprenante qui n'a pas froid aux yeux sexuellement.
Elle arrive toujours à ses fins de gré, de force même si cela peut paraître une trahison.
Tout le monde sait que tout son entourage se doit d'être sur la même longueur d'onde pour résister à d'autres aspects de sa personnalité.
Une fois arrivé dans la chambre, elle est la première à se débarrasser de ses vêtements. A mon avis, elle est trop rapidement nue sans un striptease improvisé tandis que je reste pantois à petite vitesse devant elle en ayant à peine eu le temps d'enlever le haut de corps.
Je ne vais pas parler dans ces lignes, de notre nuit dans un journal.
C'est trop intime et ce serait trop flou et trop incomplet mais en résumé, ce fut super. Elle connaissait parfaitement ce qu'il faut faire pour intéresser le sexe d'un homme.
Le lendemain matin, vers 07.00, quand je me réveille, Noémie n'est plus dans le lit. Elle s'est déjà partiellement rhabillée. Sa place dans le lit est encore chaude.
- Tu sais, j'avais bien choisi, tu n'es pas un mauvais coup. Le devoir m'appelle et je serais volontiers restée avec toi, mais je t'ai informé de mes obligations pour ce samedi, dit-elle. Tu m'excuseras mais le devoir m'appelle. J'ai une réunion à 10:00 et je dois m'apprêter pour répondre à mes chefs à ton sujet avec ta décision. Je commande le petit-déjeuner dans la chambre. J'ai déjà pris quelques minutes sous la douche.
- Merci pour l'appréciation de ma virilité.
- Tu veux du thé, du café ou du chocolat, la spécialité bien belge?
- Thé pour moi.
- Moi ce sera café fort comme tous les jours pour commencer la journée, j'en ai toujours un besoin essentiel pour m'éveiller complètement.
Noémie prend le téléphone et passe la commande.
Cinq minutes après, un serveur arrive avec le plateau qu'il installe sur le bord du lit en suivant le doigt de Noémie qui ne perd pas de temps pour beurrer les croissants.
- Je te donne congé. Ma proposition de refaire l'expérience est conclue avec tacite reconduction si tu ne demandes pas de changements. Je t'enverrai des notes que je reçois en permanence au sujet de toutes les séries de joyeusetés comme les attaques terroristes, les disparitions, les viols par les organisations criminelles. Tu deviens mon bras droit à distance. Lundi, je dirai aux collègues que tu est souffrant pour justifier ton absence. Reste encore dans la chambre si tu veux. Prends ton petit-déjeuner et un taxi pour rentrer chez toi. Dans cet hôtel restaurant où nous sommes, tu peux rencontrer comme je l'ai souvent fait des représentants des lobbies et qui sait quelques espions de passage. Observe leur manège. Penses à ce qui te rapporte le plus d'informations. Au besoin, sur les armes, la drogue et j'en passe des meilleurs. Je t'indiquerai où commencer à chercher un peu plus tard.
Avant de quitter, elle m'embrasse sur la bouche avec un sourire radieux.
- Je me sens fraiche sous une douche chaude et froide, m'assure-t-elle en me mordillant l'oreille avant de sortir de la chambre.
Il me faudra bien plus qu'un mois pour me mettre au courant de ma nouvelle fonction.
- On ne se verra plus au bureau. A dans un mois pour ton lancement dans la cage aux fauves lobbyistes, dit Noémie avant de sortir.
Je reste seul en reprenant mon calme en dehors de toute excitation.
J'enfile le peignoir de chambre blanc de l'hôtel. Je me lève et me dirige dans le salon de la chambre.
A l'extérieur, la neige est toujours présente.
Quelques étirements pour la souplesse du corps devant la fenêtre sans l'ouvrir. L'horloge indique 8h30.
A l'extérieur, la place est encore quasiment déserte.
Je n'ai manifestement pas le tempérament aussi rapide que celui de Noémie.
Pas de valisette pour me changer.
Une douche plus prolongée.
Une demi-heure après je descends.
Je sens que je vais prendre un weekend plus que prolongé en pensée dans une promenade qui n'en finira pas.
Une fois rhabillé, je descends.
La réceptionniste me souhaite le bonjour avec un grand sourire, un excellent weekend au moment où je passe le portillon de l'entrée de l'hôtel...
L'afflux de données que j'avais reçu de Noémie, l'incohérence des images et des situations dans mes visions s'évanouissent malgré mes tentatives désespérées de m'en souvenir.
Il faut que je reprenne des notes le plus rapidement possible.
C'est avec elles que je pourrai recommencer à écrire mon livre par la rédaction de mes mémoires de barbouze avec un présage souriant. ..
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03. Deux mois après
"Un jour, j'irai vivre en Théorie, car en Théorie tout se passe bien", Pierre Desproges
Chère Noémie,
Vite un petit message de suivi des opérations dont je tiens le texte dans mon journal qui, comme tu le sais, je l'espère deviendra un jour, un livre.
J'ai fini mon apprentissage théorique. J'ai reçu quelques cours de psychologie, de langue chinoise et russes pendant quelques matinées. L'après-midi, je prenais certains contacts dans l'ambiance de cours théoriques sur ce qu'est la Communauté européenne et ce que j'allais y rencontrer.
Voila deux mois depuis notre séparation. Je pensais que tu allais m'accompagner pour aller au Berlaymont. Tu ne l'as pas fait, mais je pense avoir compris le pourquoi. Il ne fallait pas m'accompagner, cela aurait pu être suspect et sortirait de mon anonymat nécessaire pour ne pas être étiqueté comme appartenant à notre service. J'ai déménagé. Je ne suis pas rester dans le petit appartement que j'occupais dans le passé. D'ailleurs, tu dois y être pour quelque chose dans ce transfert. Mon nouvel appartement n'est pas loin de l'endroit où je devais m'occuper de ce nouvelle prestation. J'y suis aller à pieds. Le bâtiment en arc de cercle est énorme de l'extérieur. Il l'est autant de l'intérieur. A l'entrée, j'ai présenté la carte d'accès et la lettre que tu m'avais envoyée. Une réceptionniste m'a donné un badge qui me donnait accès aux étages supérieurs, me donnait le numéro du bureau qui m'avait été assigné et un accès au parking en sous-sol.
- L'ascenseur est derrière moi. Arrivé au cinquième étage, allez vers la droite, m'a-t-elle dit. Cela ressemblait à l'arrivée dans un hôtel quand on te donne la clé de ta chambre. La sécurité avant tout. Un sas pour déterminer si je ne possédais pas d'objet métallique dans les poches et je me retrouvais au sein du sein de la Communauté européenne. Après être monté au 5ème étage, j'ai vite trouvé le bureau indiqué par la réceptionniste. Je m'y suis installé. Un ordinateur était déjà installé près à l'emploi sur un bureau. Je pouvais commencé mais j'ignorais comment le faire.
A midi, depuis, les problèmes de la guerre, les rapports entre l'Ukraine et la Russie, les Etats-Unis avec Trump ont été les premiers échos en prenant la relève dans les discussions entre les gens que j'entends au restaurant réfectoire.
Les représentants chinois ne font que de la figuration par rapport au poids politique de leur pays. Ils se tiennent souvent séparés des autres nationalités. Je les reconnais facilement par leurs yeux bridés. Ils parlent en chinois entre eux. Peut-être parlent-ils de la route de la Soie, mais je n'ai manifestement pas assez d'expérience pour les comprendre. C'est fou comme ils aiment leur leader Xi Jinping. Ce nom ressort dans leur conversation avec admiration. L'esprit démocratique n'est pas leur priorité. C'est manifeste.
L'esprit de conquête du Milieu chinois surnage toutes les autres interprétations de l'actualité au niveau mondial. L'Afrique est devenu un nouveau terrain de jeu pour eux. Entre eux, ils parlent de choses bien différentes de nos préoccupations. Ils évitent de parler de Poutine.
Avec les Russes, ce serait plus facile, mais il ne sont pas visibles, s'il y en avait.
Quant aux contacts avec d'autres nationalités, je les laisse pour plus tard.
L'anglais est la langue que tout le monde utilise et partage dans l'immeuble. J'en arrive à oublier mon français. Beaucoup de traducteurs hantent le bâtiment pour aider les compréhensions entre communautés.
Tout se déroule comme tu m'avais prévenu comme sur du papier à musique selon ton scénario. Je tente de devenir une éponge de tout ce que j'entends. Mais c'est difficile pour ne pas se faire repérer comme un espion d'opérette.
Une fois, j'ai leur ai lancé une petite "bombe" au sujet des peuples chinois, pour voir leurs réactions.
Il n'y eu aucune contestation, mais toutes les têtes se sont retournées vers moi et j'en ai rougi sans même m'en rendre compte. Mon sourire indiquait qu'il s'agissait d'une blague, un lapsus. Ils n'ont pas le même sens de la dérision.
Eux ne rougissaient pas. Ils eurent un sourire forcé derrière leur visage ridé. Il me faudra être plus prudent, plus neutre aussi à l'avenir.
Je me suis excusé en anglais et cela a sauvé la situation.
Je dois calmer mon instinct belge et prendre plus de distances avec mes propres opinions occidentales sinon je vais me faire repérer et me faire rejeté.
Au restaurant, le lendemain, une place libre à côté d'eux, je m'y suis attablé. Au moment, où il n'en restait qu'un chinois en place. J'ai essayé de poser quelques questions sur la mentalité chinoise. Les présentations. Il s'appelle Cheng.
Ce qu'il ma dit est assez troublant. Je résume.
Pour lui, la Chine est une invention du 20ème siècle avec le nationalisme de Pékin qui se sert de sa cause idéologique et territoriale créée par les autorités de leur parti unique. La colonie de l'empire de Mandchou qui remonte au 17ème siècle jusqu'au début du 20ème, laisse des traces indélébiles dans les mentalités des Chinois de haut en bas de l'échelle sociale. Il y a pas plusieurs langues dans ce pays immense. Le mandarin standard, le Putonghua, est basé sur le dialecte de Pékin. Utilisé par l'administration et l'éducation, il est compris par plus de 95 % de la population. Cependant, la Chine abrite une grande diversité linguistique, comprenant d'autres groupes ethniques majeurs comme le wu et le cantonais, ainsi que de nombreuses langues locales. Quand cela ne marche pas et qu'il y a des oppositions, on remet les contestataires en rééducation pour les remettre sur le bon chemin. Le mandarin dont j'ai seulement approché les prémisses par la mandarin, ne me servira manifestement, pas énormément. C'est aussi la langue officielle que parlent les Hans mais pas les autres communautés de cet immense Chine. Pendant tout le début du 21ème siècle et un peu avant, la Chine a copié les Européens. En Chine on considère que demain sera meilleur qu'aujourd'hui. Avec fierté, il disait que maintenant, c'est du tout des Européens, de se réveiller pour exister et de perdre un peu notre vassalité envers les Etats-Unis. Nous devrions éliminer les aspects trop occidentaux qui ne plaisent pas en Chine. La loyauté envers leur parti est totale. On ne fait pas sécession avec cette ligne dure de leur patriotisme. C'est sans tergiversation ni compromis comme dans nos pays démocratiques occidentaux. Ils ne comprennent pas les manifestations fréquentes dans l'environnement immédiat de la CE. Ils sont là pour représenter la Chine avec ses produits. Rien d'autre. Casser les liens par une dissidence ne peut se faire à l'extérieur. Les interférences, il ne considérait pas cela comme important. Il reconnaissait la Chine comme un pays moderne, riche dans les grandes villes comme Péquin et Shangaï mais avec beaucoup de pauvreté dans les campagnes. Il disait qu'il ne serait pas opportun de parler aussi franchement dans un groupe de personne. Le secret reste quelque part une image de marque et de fabrique. J'ai évidemment parlé de l'actualité avec le conflit entre la Russie et l'Ukraine et des liens qui existent entre la Russie et la Chine. Il a été plutôt évasif. Il espérait que la Chine ne prenne pas le relais de la guerre actuelle. Je ne l'ai pas forcé de parler ni de la ville Hong Kong consolidée dans le territoire chinois ni de Taiwan aujourd'hui, une épine dans les pieds chinois. A un moment donner, il a coupé notre conversation en me saluant. J'aurai d'autres occasions pour poser des questions.
D'ailleurs, sue ferait les dirigeants occidentaux si cela s'envenimait ? Ce n'était pas le cas, jusqu'ici. Ils veulent rester sur le sujet du commerce. Ils correspondent à un interface commercial avec l'Occident avec une vision mercantile de l'autre côté d'un rideau de fer chinois. Cela s'arrête là. Les confrontations commerciales sont là avec les mêmes armes commerciales de dissuasion. Le Japon et la France ont, d'après lui, humilié la Chine avec leurs Droits de l'Homme en faisant bonne figure mais avec des gouvernements instables. Ils ne sont pas prêts à entamer des ponts idéologiques par une sorte de pare-feu numérique et de censure. Ils n'ont pas nos religions divines. Leur dieu terrestre est Xi Jinping en maître absolue. Xi est leur président à vie, reconduit d'année en année presque automatiquement dans le parti. Décidemment, on aime les partis forts en Chine.
Aux Etats-Unis, joue Trump aux plus grandes gueules mais ils n'ont pas peur de lui résister.
Je ne te dis pas cela pour te parler de l'ambiance. Je la cherche encore après un mois. La situation paradoxale à laquelle on ne peut échapper aux raisons de règles limitées qui seraient contradictoire à l'usage.
A la sortie, il faut parfois montrer son portable pour voir si aucun logiciel illégal n'y est installé. Du moins au début, avant qu'on ne soit parfaitement intégré depuis longtemps. Les yeux bridés étaient évidemment les plus contrôlés. Quelques jours après, ce fut l'accalmie et tout le monde pouvait utiliser TikTok avec de nouveaux téléphones.
Je suppose que de ton côté, tu continues au bureau comme avant. Tu as averti de mon absence pendant un certain temps et que je devrais suivre des cours sans préciser lesquels, mais que pour organiser tout cela, il faudra bien quelques mois.
Dès que j'ai un trou dans un vendredi de fin de mois, je pense à nos réunions au bureau auxquelles je ne participe plus.
Ce sera à moi de t'inviter chez moi, un jour. Dans cet appart, ce sera plus intime.
Tu viendras cette fois par tes propres moyens à ma nouvelle adresse. Ce que je t'ai raconté à mon sujet est très condensé. Rien ne vaut un tête à tête.
J'ai encore beaucoup de choses à te révéler. J'ai encore de bons souvenirs de cette première nuit avec toi. Il faut qu'on passe à un deuxième épisode si tu le désires.
J'oubliais. Merci, pour l'augmentation des émoluments.
Je te laisse et je t'embrasse. A plus tard.
Bien à toi et bisous
Greg
Je mentais un peu, j'avoue.
Dans le fond, j'ai regretté très vite d'avoir accepté sa proposition. Je suis seul et la solitude me pèse parfois à parler avec des filtres.
J'aurais voulu faire marche arrière et remonter la flèche du temps.
Or, la flèche arrivait déjà à destination sur sa cible sans pouvoir revenir sur l'arc.
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04. Une nouvelle et une réponse inattendue
"Tu n'obtiens jamais assez en te battant, tu obtiens l'inattendu en étant plus conciliant", Laurence Lavasik.
Désolé, je n'ai pas pu attendre ta réponse pour reprendre contact avec toi.
J'ai déjà établi des liens avec des personnalités chinoises qui déambulent dans l'environnement de la Communauté européenne.
Tu me connais, d'après moi, je n'ai pas vraiment des attitudes homosexuelles et je pense te l'avoir assez prouvé. Et bien ce n'était pas assez évident pour tout le monde.
Comme tu me l'as demandé, il faut que je te procure les dernières nouvelles.
Et bien, j'en ai une à laquelle je ne m'attendais pas.
Dans le bâtiment de la CE, j'étais dans l'ascenseur.
Muet, j'avais le regard porté sur la porte intérieur.
C'est alors que j'ai ressenti un regard appuyé sur moi.
J'ai tourné la tête vers lui et c'était un sino-eurasien qui me scannait de haut en bas. J'ai souri, gêné. Il en a fait de même en continuant son analyse.
J'étais content que l'ascenseur arrive à l'étage pour le quitter.
Ai-je des attitudes qui éveillent les instincts masculins?
Dans mes instructions, il n'est pas question de changer de genre, mais c'est peut-être un moyen de pousser notre analyse de la situation.
Je ne suis pas encore en pleine activité dans mes contacts qui se déroulent dans le cadre de en l'Ukraine et l'Occident. Je fais peut-être fausse route par rapport aux buts de la mission, mais j'ai pu remarquer que le mensonge est un défaut majeur dans l'esprit des Chinois.
Il y a eu ce voyage de Xi Jinping chez Poutine. J'ai tenté d'avoir des informations à ce sujet, un peu plus précises que celles qui transitent par l'intermédiaire des médias. Il y a eu comme un mur qui s'est installé entre notre vision occidentale et la leur.
Est-ce que le voyage et la rencontre de Macron ou de Ursula Van der Leyen avec Xi Jinping apporteront-ils plus de clarification ? J'en doute. Les Chinois sont muets comme des carpes. C'est dans les gènes des Chinois de noyer ce poisson dans un silence complice ou probablement obligatoire.
Je suppose qu'il doit y avoir des Chinois homosexuels comme chez nous.
Je pourrais retrouver ce gars bizarre de l'ascenseur.
Notre problème occidental avec Poutine pourrait d'après moi, n'être qu'un apéritifs si la Chine veut s'accaparer de Taiwan par la force.
La peur de l'invasion de Taïwan par la Chine avec notre esprit occidental de paix et de démocratie, contre l'autoritarisme de Xi Jinping, n'est pas un mirage qui va s'estomper.
Le 13 janvier 2024, c'était les élections à Taiwan. J'ai appris que des candidats à la solde de la grande Chine sont favorables au rattachement à la mère patrie ou à l'Empire du Milieu, comme ils l'appellent. Xi a changé la constitution pour qu'il soit le patron jusqu'à la fin de ses jours. L'année 2024 a été une année d'élections majeures. Le retour de Trump, s'est confirmé en réalité. En Russie, ce n'est pas un point d'interrogation, c'est Poutine qui rempilera jusqu'à sa mort, s'il n'est pas renversé par un coup d'Etat. Le radicalisme est en augmentation même dans nos Etats occidentaux. La liberté de parole et notre Etat de Droit européen sont fragiles. Les autocrates se lèvent unis entre eux pour envoyer la démocratie dans les poubelles de l'histoire.
Xi Jinping attend son tour. Les résultats de la guerre entre la Russie et l'Ukraine vont être un bon test.
La répression de la Chine face à Hong Kong a démontré une première fois que la résistance des étudiants libertaires ne tenaient pas la distance dans le temps. Taiwan suivra-t-elle le même chemin de guerre lasse ?
Xi Jinping et Poutine se ressemblent par beaucoup de points et la mort des combattants et des troupes militaires ne les inquiètent absolument pas.
La production de puces électroniques et des semi-conducteurs proviennent de Taiwan et beaucoup d'autres produits et biens sont importés en occident. L'occident est pris par le temps. Les autres ont tout leur temps.
L'Occident a dû repenser aux problèmes d'approvisionnement énergiques avec la Russie, se répèteraient de manière bien plus fortes avec le conflit entre la Chine et Taiwan.
Qu'en penses-tu ? Devrais-je continuer dans ce sens ?
J'attends ta réponse.
Je pense à toi et je t'embrasse.
Bien à toi
Greg.
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05. Réponse de Noémie
Cher Greg,
Je suis désolée aussi de ne pas avoir pu te répondre plus tôt. J'ai été très occupée au bureau, préoccupée même. Nous avons eu la visite de mes supérieurs. Ils voulaient savoir comment j'avais résolu quelques malentendus. Ce fut comme un audit de nos activités. Je sentais que je n'aurais pas reçu que des bons points.
Je t'ai dit que pour nous joindre, il nous fallait un pseudo et un mot de code sous forme de chanson que nous aimons bien et que l'on chanterait ensemble aux moments stratégiques ou dangereux pour transmettre tes rapports l'un après l'autre. Tu as oublié?
Je suppose que de ton côté, il n'y avait pas de problème stratégique dans l'urgence.
Tu me dis que tu as eu un gars que tu as suspecté d'homosexualité en te regardant étrangement.
Continue dans le sens que tu juges bonne. A distance, je ne peux te conseiller. Je pense t'avoir prévenu qu'il fallait être très prudent et de ne pas te faire remarquer outre mesure. La transparence n'est pas trop bonne dans ton cas. Ton insistance peut paraître suspecte pour des personnalités chinoises qui déambulent dans l'environnement des lobbies. Comme tu le dis, il y a des homosexuels dans toutes races et tous les pays même si c'est interdit dans certains.
Mais un regard appuyé sur toi peut avoir une toute autre raison.
Si c'est un type du style sino-eurasien qui te scannait de haut en bas, pause-toi la question si tu ne l'as pas rencontré en d'autres circonstances.
Je te quitte. Voilà que mes auditeurs reviennent à la charge.
Je pense aussi à toi et je t'embrasse. Nous aurons l'occasion de nous revoir mais plus dans l'hôtel comme la dernière fois.
Bien à toi
Noémie.
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06. Compte à rebours 3 ?
Mon weekend s'est passé chez moi sans sortie.
J'ai lu dans la gazette que l'économie chinoise attend toujours un soutien des autorités.
Leur manque d'empressement pour soutenir la croissance n'incite pas les économistes à l'optimisme ni aux entreprises à reprendre le collier par eux-mêmes sans aide de l'Etat.
A la télé, pas beaucoup d'autres nouvelles au sujet de Xi Jinping.
A 7 heures, la sonnerie stridente du réveil me tire du sommeil.
J'ai beaucoup rêvé et pas à de choses agréables puisque je suis en sueur. Mais je m'en souviens vaguement à part que des balles ont sifflé et rebondi dans ma tête. Tirées de partout. Moi qui me trouvait comme cible comme dans un véritable western.
Ce matin, j'ai une gueule de bois alors que je n'ai rien bu d'alcoolisé la veille.
Un coup d'œil au thermomètre extérieur, cela n'a rien de bien engageant pour faire une sortie en petite tenue. Il ne gèle plus, mais il fait froid.
Je prends une douche bien chaude suivi d'un jets d'eau froide pour me réveiller si les quelques fibres de mon corps ne l'ont pas encore fait.
Deux toasts dans le grille-pain me suffisent avec un café fort que je mélange avec du lait, passé au travers de la machine à Batista. Je n'ai pas vraiment faim.
Lai Chang-te est devenu le nouveau président à Taiwan.
A la radio, j'entends "importante démonstration de force chinoise après l’élection du président Lai Chang-te, décrié par Pékin. Taïwan a dénombré 24 avions militaires chinois autour de l’île en 24 heures, a déclaré jeudi le ministère taïwanais de la Défense. Selon un communiqué du ministère, 24 avions et cinq navires chinois ont été détectés autour de l’île".
Il fallait s'y attendre. Et, ce n'est qu'un début.
Il est temps d'aller au bureau. Mais qu'y faire pour répondre à la fonction que Noémie m'a assignée ?
Au bureau, que dis-je ? Dans mon petit bureau au Berlaimont comme représentant du "glorieux" Conseil de l'Europe. Noémi a préparé le terrain pour moi. Avant que j'y ai mis les premiers petons, elle avait tout arrangé pour que je sois seul dans un bureau parce que mon job devait rester secret par rapport aux autres membres de la CE avec lesquels je ne pouvais avoir de contacts en dehors de ceux que je désirais, en dehors des réunions qui sont nombreuses avec des objectifs très précis et divers dans cette grande maison communautaire.
Ma fonction est à peu près la même que j'avais avant dans le bureau au côté de l'OTAN. Contre-espionnage...
Je fais maintenant en plus partie des agents de renseignements au niveau européen. Je dois chercher les taupes et les espions qui doivent être relativement nombreux et qui y travaillent en secret.
Sur mon bureau, un ordinateur ultra puissant comme outil mécanique, mes yeux et mes oreilles comme outils de reconnaissance de l'environnement.
J'hésite à demander une arme à Noémi.
A chaque fois, je serais arrêté à l'entrée pour me faire scanner le corps et montrer ma carte d'autorisation de port d'arme. Ce qui m'aurait fait plus de tort contre mon anonymat volontaire en étant repéré plus vite sur ma fonction spéciale.
Mon logiciel Coyote ne correspond pas à ce travail de recherche d'un espion. Le temps a passé. Il est devenu obsolète et ne fonctionnerait pas. Il me fallait être plus général. IL m'est venu l'idée de lancer des appâts avec l'intelligence artificielle. L'IA converti les idées en textes et en images en fonction de ce qu'on désire en faire.
Pourquoi ne pas prendre des photos des visages que je rencontre à la CE et de les entourer de certains attributs qu'ils n'étaient pas sensés avoir ?
C'est à l'aveuglette bien sûr. Je ne sais pas qui est important et qui ne l'est pas. C'est peut-être tant mieux. Utiliser mon Smartphone est trop visible. Il me faut un petit appareil photos de précision et très discret. J'imagine introduire les visages de vêtements russes ou de leur donner des yeux bridés pour les faire paraître asiatiques.
Une fois fait, les envoyer sur le Darkweb en ajoutant un commentaire humoristique. Quels sont ceux qui réagiront avec violence ou au contraire, resteront dans l'ombre ? Ces derniers pourraient être plus intéressants. Il suffira de les sélectionner et recommencer l'opération pour élaguer les candidats à ma sélection.
Etant le seul à détenir la clé d'accès aux photos mais les commentaires restent ouverts amusés ou désobligeants ou vexés. Faire varier les thèmes en plus tendancieux en fonction de l'actualité pour découvrir leurs attributions plus cachées.
Je n'ai pas raconté à Noémi ce qui s'est passé vendredi. Pas un mot.
A quoi bon ? Elle m'aurait répété d'avoir encore plus de prudence dans ses recommandations.
8 heures, il est temps de partir.
Je continue à écouter la radio dans la voiture. Plus aucune nouvelle au sujet de la Chine.
Arrivé devant le garage de la CE, le gardien ne lève pas la barrière comme d'habitude après avoir montré ma carte d'accréditation.
Il a pourtant appris à me reconnaitre.
Il vient vers moi.
Je descends la vitre de la voiture et il me dit :
- Puis-je encore vous demander de montrer votre badge ? Je suis obligé de le faire. Il y a eu du grabuge vendredi soir. IL parait qu'il y a des balles de révolver qui ont été tirées dans le garage et des inspecteurs sont là pour l'inspecter.
Là, je suis vraiment surpris. Je pensais avoir été le seul dans le collimateur d'un tueur à gage et voilà que je ne le suis pas.
Il me raconte l'affaire en quelques mots et me laisse pénétrer dans la parking -2 où j'ai reçu une place réservée à mon intention.
Remonté à la réception, il fallait s'y attendre, tout le monde parle d'une agression. Ce n'est pas tous les jours qu'une rixe se produise dans l'enceinte du sacro-saint empire de la gestion de l'Europe.
On oublie même de parler de l'actualité internationale comme pour un lundi habituel.
On ne parle même pas de Taiwan et de l'élection qui s'est déroulée.
Je monte au cinquième étage pour rejoindre mon petit bureau. Je ne rencontre personne dans l'ascenseur ni dans le couloir qui y mène.
J'allume mon PC. Je consulte internet.
Ensuite, je jette un coup d'œil à mon compte en banque.
Mais nouveaux émoluments ont été versés. Ils s'élèvent à plus du double de ce que je gagnais avant cette nouvelle fonction.
L'effervescence de ce lundi s'estompe et n'est plus présente dans mon esprit.
Deux heures après, je regardais la vidéo "Le dilemme du prisonnier" quand on frappe à la porte.
Ce sont deux inspecteurs en civil qui me présentent leur carte, accompagnés par une des réceptionnistes.
Après une remise au courant du rôle de leur visite, ils commencent à me poser des questions générales sur comment j'ai passé la dernière partie de la journée de vendredi.
- Vous venez voir si une balle perdue ne m'a pas atteint et si encore des traces de balles sur le corps, dis-je pour rendre l'ambiance plus amusante.
Ils ne sont pas là ni pour rire ni pour sourire.
Je n'ai rien vu de cette représentation d'un film avec Chicago comme mise en scène.
- Non. J'en ai entendu parlé mais je suis probablement parti avant que cela arrive. Je ne peux pas beaucoup vous aider.
Après en avoir eu les prémices, je ne cite pas pour ne pas me mettre en difficulté dans la liste des rôles litigieux de l'emploi de chasseur d'espions.
Ils me quittent en me remerciant de leur avoir accordé quelques instants.
Garder le secret de ma fonction avant tout puisqu'elle est essentielle sinon je vais baigner dans une nouvelle forme d'idéologie kafkaïenne.
C'est alors que mon smartphone sonne.
- Tu ne m'as pas tenu au courant au sujet de l'attentat qui s'est déroulé à la CE vendredi, dit Noémi assez fâchée.
- Cela aurait changé quoi ? Je n'ai pas été visé comme d'autres. Je me suis enfui avant cet heure fatidique. Tu m'aurais dit une nouvelle fois d'être prudent. Cela n'a même pas été ébruité dans la presse. Tu ne sais pas que la CE baigne dans une conspiration du silence...
Je n'ai pas pu continuer ma phrase.
J'ai dû la vexer car elle a raccroché sans en dire plus.
Un quart d'heure après, elle me rappelle.
- Désolée, j'ai été un peu brusque brusque avec toi. Mais j'aimerais que tu me dises tout ce qui se passe à l'intérieur de ce building de verre.
Je ne trouvais pas les mots pour lui répondre.
- Excuse moi. Pour moi, ce n'était pas assez important.
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07. Compte à rebours 2 ?
En entrant dans l'arène, tout le monde parle de la descente sur la ville des agriculteurs. Tout le monde a son avis sur la question.
Je ne m'y intéresse pas trop. Pas envie de participer à un débat dans lequel je ne suis pas impliqué pour apporter mon soutien à l'un ou à l'autre.
Je ne suis pas là pour régler des problèmes locaux mais pour comprendre l'évolution des liens entre l'Europe, la Chine et la Russie. Dans l'ascenseur, je ne parle à personne. Je me retrouve devant mon PC que j'allume de manière presque automatique.
Je lis sur Internet : 'Le Parti communiste chinois enchaîne les mauvaises nouvelles. Selon Bloomberg, la bourse indienne a atteint 4.300 milliards de dollars, dépassant pour la première fois de son histoire la Bourse de Hongkong et ces 4.290 milliards. Dans le nouveau palmarès, les États-Unis restent la force dominante des marchés boursiers mondiaux, avec une capitalisation boursière à Wall Street de 50.086 milliards de dollars. Loin derrière les États-Unis, la Chine occupe la deuxième place avec une capitalisation boursière de 8.440 milliards de dollars, tandis que le Japon arrive en troisième position avec 6.360 milliards de dollars".
Un peu perdu devant de telles informations, je pose la question à ChatGPT : "Comment imaginer la résistance à une attaque chinoise en Occident ?
En moins de trois secondes, je reçois la réponse:
"Il est important de noter que les scénarios géopolitiques et militaires sont hautement spéculatifs, et tout commentaire sur de telles situations doit être traité avec prudence. La paix mondiale et la coopération entre les nations sont toujours préférables. Cependant, si l'on considère hypothétiquement une situation où une attaque chinoise est perçue comme une menace en Occident, la résistance pourrait prendre plusieurs formes. Voici quelques éléments qui pourraient entrer en jeu :
- Diplomatique et Sanction Économique : Les pays occidentaux pourraient initialement opter pour une réponse diplomatique, cherchant à résoudre les problèmes par des moyens pacifiques. Cela pourrait être accompagné de sanctions économiques pour exercer une pression financière.
- Coalition Internationale : Les nations occidentales pourraient chercher à former une coalition internationale pour répondre à l'attaque, unissant leurs forces militaires, diplomatiques et économiques pour faire front commun.
- Défense Militaire : Les pays occidentaux renforceraient probablement leurs capacités de défense nationale, investissant dans des systèmes de défense antimissile, des forces armées modernisées et des alliances militaires.
- Cybersécurité : Une attaque chinoise pourrait également impliquer des actions cybernétiques. La résistance pourrait donc inclure des mesures renforcées de cybersécurité pour protéger les infrastructures critiques et les réseaux gouvernementaux.
- Lutte Informationnelle : Les pays occidentaux pourraient également s'engager dans une lutte informationnelle pour contrer la propagande adverse et gagner le soutien de l'opinion publique à l'international.
- Diplomatie Régionale : En fonction de la situation géographique, les pays occidentaux pourraient chercher à établir des alliances et des accords de défense avec des nations voisines pour renforcer leur position régionale.
Il est toujours préférable de favoriser la diplomatie et la résolution pacifique des conflits. La prévention des tensions internationales et la coopération sont essentielles pour maintenir la paix et la stabilité dans le monde".
Toujours amusant, les réponses de ChatGPT qui répond de manière presque abstraite vu de très haut en ne tenant pas compte de ce qui se passe à Bruxelles et encore moins à l'intérieur de la Communauté européenne dans laquelle des espions se cachent parmi des parlementaires qui doivent faire semblant que tout le monde est dans une entre nous d'accord en tout entre eux qui ne parlent que l'évolution de la guerre en Ukraine avec les révélations antagonistes et propagandistes en fonction des infos qui circulent en alternance par les révélations de Poutine ou de Zelenski.
Je demande à ChatGPT :
- Comment d'après toi, un contre espion pourrait découvrir un espion dans la Communauté européenne à Bruxelles ?
Je pousse plus loin mes investigations et je tombe sur une nouvelle chinoise "
"Dernière décision en date de la vaste campagne anticorruption visant le secteur financier. L’ancien président de la banque chinoise China Merchants Bank, Tian Huiyu, condamné à mort avec sursis de deux ans, reconnu coupable d’avoir « accepté des pots-de-vin et d'abus de pouvoir sur le personnel d’une entreprise publique, de transactions sur la base d’informations confidentielles, de délits d’initiés et de fuite d’informations confidentielles et avoir illégalement accordé des prêts et avoir dissimulé des dépôts à l’étranger ». Objet d’une enquête publique en avril 2022, alors que la campagne anti-corruption en cours dans le pays se concentrait de plus en plus sur le secteur financier. En décembre, un autre ancien vice-président de China Development Bank, Zhou Qingyu, a été arrêté. En janvier, l’ancien patron du géant bancaire étatique Everbright Group, Tang Shuangning, arrêté pour des soupçons de corruption et de pots-de-vin".
"Nous sommes en pleine chasse aux sorciers de la finance pour cacher ce qui se passe à l'intérieur du parti", me dis-je.
J'ai lu et été mis au courant de ce qui se passe dans ce pays immense avant de venir. Il faut que je sorte de ma coquille.
Je sors du bureau et je me dirige vers la réception pour demander le menu du restaurant.
C'est alors que je vois qu'il y a une conférence planifiée dans une semaine, le mercredi 14 février sur les derniers développements des relations entre l'Europe et la Chine.
Une bonne idée d'y assister. Je m'y inscris à la réception.
Je ne suis pas sûr que cela puisse être suivi d'un déjeuner en amoureux.
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08. Compte à rebours 1
Mon weekend s'est passé chez moi sans sortie.
J'ai lu dans la gazette que l'économie chinoise attend toujours un soutien des autorités.
Leur manque d'empressement pour soutenir la croissance n'incite pas les économistes à l'optimisme ni aux entreprises à reprendre le collier par eux-mêmes sans aide de l'Etat.
A la télé, pas beaucoup d'autres nouvelles au sujet de Xi Jinping. Quant à Poutine, les nouvelles de l'invasion sont les mêmes. Les Russes n'avancent plus. L'attaque surprise, la Blitzkrieg n'a pas eu lieu. Le conflit s'enlise.
A 7 heures, la sonnerie stridente du réveil me tire du sommeil.
J'ai beaucoup rêvé et pas à de choses agréables puisque je suis en sueur. Mais je m'en souviens vaguement à part que des balles ont sifflé et rebondi dans ma tête. Tirées de partout et moi qui me trouvait comme cible comme dans un véritable western.
Ce matin, j'ai une gueule de bois alors que je n'ai rien bu d'alcoolisé la veille.
Un coup d'œil au thermomètre extérieur, cela n'a rien de bien engageant pour faire une sortie en petite tenue. Il ne gèle plus, mais il fait froid.
Je prends une douche bien chaude suivi d'un jets d'eau froide pour me réveiller si les quelques fibres de mon corps ne l'ont pas encore fait.
Deux toasts dans le grille-pain me suffisent avec un café fort que je mélange avec du lait, passé au travers de la machine à Batista. Je n'ai pas vraiment faim.
Lai Chang-te est devenu le nouveau président à Taiwan.
A la radio, j'entends "importante démonstration de force chinoise après l’élection du président Lai Chang-te, décrié par Pékin. Taïwan a dénombré 24 avions militaires chinois autour de l’île en 24 heures, a déclaré jeudi le ministère taïwanais de la Défense. Selon un communiqué du ministère, 24 avions et cinq navires chinois ont été détectés autour de l’île".
Il fallait s'y attendre. Et, ce n'est qu'un début.
Il est temps d'aller au bureau.
Je dis bien dans mon petit bureau au Berlaimont comme représentant du "glorieux" Conseil de l'Europe. Noémi a préparé le terrain pour moi. Avant que j'y ai mis les premiers petons, elle avait tout arrangé pour que je sois seul dans un bureau parce que mon job devait rester secret par rapport aux autres avec lesquels je ne pouvais avoir de contacts en dehors de ceux que je désirais, donc en dehors des réunions qui sont nombreuses avec des objectifs très précis et divers dans cette grande maison communautaire.
Ma fonction est à peu près la même que j'avais avant dans le bureau au côté de l'OTAN.
Je fais maintenant en plus partie des agents de renseignements au niveau européen. Je dois chercher les taupes et les espions qui doivent être relativement nombreux et qui y travaillent en secret.
Sur mon bureau, un ordinateur ultra puissant comme outil mécanique, mes yeux et mes oreilles comme outils de reconnaissance de l'environnement.
Après l'attentat que j'avais vécu et subi vendredi soir, j'hésite à demander une arme à Noémi.
A chaque fois, je serais arrêté à l'entrée pour me faire scanner le corps et montrer ma carte d'autorisation de port d'arme. Ce qui m'aurait fait plus de tort contre mon anonymat volontaire en étant repéré plus vite sur ma fonction.
Je n'ai pas raconté à Noémi ce qui s'est passé vendredi. Pas un mot.
A quoi bon ? Elle m'aurait répété d'avoir encore plus de prudence dans ses recommandations.
8 heures, il est temps de partir.
Je continue à écouter la radio dans la voiture. Plus aucune nouvelle au sujet de la Chine.
Arrivé devant le garage de la CE, le gardien ne lève pas la barrière comme d'habitude après avoir montré ma carte d'accréditation.
Il a pourtant appris à me reconnaitre.
Il vient vers moi.
Je descends la vitre de la voiture et il me dit :
- Puis-je encore vous demander de montrer votre badge ? Je suis obligé de le faire. Il y a eu du grabuge vendredi soir. Il parait qu'il y a des balles de révolver qui ont été tirées dans le garage et des inspecteurs sont là pour l'inspecter.
Là, je suis vraiment surpris. Je pensais avoir été le seul dans le collimateur d'un tueur à gage et voilà que je ne suis pas le seul.
Il me raconte l'affaire en quelques mots et me laisse pénétrer dans la parking -2 où j'ai une place réservée à mon intention.
Remonté à la réception, il fallait s'y attendre, tout le monde parle de l'agression. Ce n'est pas tous les jours qu'une rixe se produise dans l'enceinte du sacro-saint empire de la gestion de l'Europe.
On oublie même de parler de l'actualité internationale comme pour un lundi habituel.
On ne parle même pas de Taiwan et de l'élection qui s'est déroulée.
Je monte au cinquième étage pour rejoindre mon petit bureau. Je ne rencontre personne dans l'ascenseur ni dans le couloir qui y mène.
J'allume mon PC. Je consulte internet.
Ensuite, je jette un coup d'œil à mon compte en banque.
Mais nouveaux émoluments ont été versés. Ils s'élèvent à plus du double de ce que je gagnais avant ma nouvelle fonction.
L'effervescence de ce lundi s'estompe et n'est plus présente dans mon esprit.
Deux heures après, je regardais la vidéo "Le dilemme du prisonnier" quand on frappe à la porte.
Ce sont deux inspecteurs en civil qui me présentent leur carte, accompagnés par une des réceptionnistes.
Après une remise au courant du rôle de leur visite, ils commencent à me poser des questions générales sur comment j'ai passé la dernière partie de la journée de vendredi.
- Vous venez voir si une balle perdue ne m'a pas atteint et si encore des traces de balles sur le corps, dis-je pour rendre l'ambiance plus amusante.
Ils ne sont pas là pour sourire.
Je n'ai rien vu de cette représentation d'un film avec Chicago comme mise en scène.
- Non. J'en ai entendu parlé mais je suis probablement parti avant que cela arrive. Je ne peux pas beaucoup vous aider.
Après en avoir eu les prémices, je ne cite pas pour ne pas me mettre en difficulté dans la liste des rôles litigieux de l'emploi de chasseur d'espions.
Ils me quittent avec me remerciant de leur avoir accordé quelques instants.
Garder le secret de ma fonction avant tout. Elle est essentielle même sinon je vais baigner dans une nouvelle forme d'idéologie kafkaïenne.
C'est alors que mon smartphone sonne.
- Tu ne m'as pas tenu au courant au sujet de l'attentat qui s'est déroulé à la CE vendredi, dit Noémi assez fâchée.
- Cela aurait changé quoi ? J'ai été visé comme d'autres. Même avant les autres, puisque je me suis enfui. Tu m'aurais dit une nouvelle fois d'être prudent. Cela n'a même pas été ébruité dans la presse. Dans une conspiration du silence...
Je n'ai pas pu continuer ma phrase.
J'ai dû la vexer car elle a raccroché sans en dire plus.
Un quart d'heure, elle me rappelle.
- Désolée, j'ai été un peu brusque brusque avec toi. Mais j'aimerais que tu me dises tout ce qui se passe à l'intérieur de ce building de verre.
Je ne trouvais pas les mots pour lui répondre.
- Excuse moi. Pour moi, ce n'était pas assez important.
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09. Compte à rebours 0
En entrant dans l'arène, tout le monde parle de l'actualité agriculteurs. Tout le monde a son avis sur la question.
Je ne m'y intéresse pas trop. Pas envie de participer un débat à un débat pour apporter mon soutien à l'un ou à l'autre.
Je ne suis pas là pour régler des problèmes locaux mais pour comprendre l'évolution des liens entre l'Europe, la Russie et la Chine. Dans l'ascenseur, je ne parle à personne. Je me retrouve devant mon PC que j'allume de manière presque automatique.
Je lis sur Internet : 'Le Parti communiste chinois enchaîne les mauvaises nouvelles. Selon Bloomberg, la bourse indienne a atteint 4.300 milliards de dollars, dépassant pour la première fois de son histoire la Bourse de Hongkong et ces 4.290 milliards. Dans le nouveau palmarès, les États-Unis restent la force dominante des marchés boursiers mondiaux, avec une capitalisation boursière à Wall Street de 50.086 milliards de dollars. Loin derrière les États-Unis, la Chine occupe la deuxième place avec une capitalisation boursière de 8.440 milliards de dollars, tandis que le Japon arrive en troisième position avec 6.360 milliards de dollars".
Un peu perdu devant de telles informations, je pose la question à ChatGPT : "Comment imaginer la résistance à une attaque chinoise en occident ?
En moins de trois secondes, je reçois la réponse:
"Il est important de noter que les scénarios géopolitiques et militaires sont hautement spéculatifs, et tout commentaire sur de telles situations doit être traité avec prudence. La paix mondiale et la coopération entre les nations sont toujours préférables. Cependant, si l'on considère hypothétiquement une situation où une attaque chinoise est perçue comme une menace en Occident, la résistance pourrait prendre plusieurs formes. Voici quelques éléments qui pourraient entrer en jeu :
- Diplomatique et Sanction Économique : Les pays occidentaux pourraient initialement opter pour une réponse diplomatique, cherchant à résoudre les problèmes par des moyens pacifiques. Cela pourrait être accompagné de sanctions économiques pour exercer une pression financière.
- Coalition Internationale : Les nations occidentales pourraient chercher à former une coalition internationale pour répondre à l'attaque, unissant leurs forces militaires, diplomatiques et économiques pour faire front commun.
- Défense Militaire : Les pays occidentaux renforceraient probablement leurs capacités de défense nationale, investissant dans des systèmes de défense antimissile, des forces armées modernisées et des alliances militaires.
- Cybersécurité : Une attaque chinoise pourrait également impliquer des actions cybernétiques. La résistance pourrait donc inclure des mesures renforcées de cybersécurité pour protéger les infrastructures critiques et les réseaux gouvernementaux.
- Lutte Informationnelle : Les pays occidentaux pourraient également s'engager dans une lutte informationnelle pour contrer la propagande adverse et gagner le soutien de l'opinion publique à l'international.
- Diplomatie Régionale : En fonction de la situation géographique, les pays occidentaux pourraient chercher à établir des alliances et des accords de défense avec des nations voisines pour renforcer leur position régionale.
Il est toujours préférable de favoriser la diplomatie et la résolution pacifique des conflits. La prévention des tensions internationales et la coopération sont essentielles pour maintenir la paix et la stabilité dans le monde".
Toujours amusant, les réponses de ChatGPT qui répond de manière presque abstraite vu de très haut en ne tenant pas compte de ce qui se passe à Bruxelles et encore moins à l'intérieur de la Communauté européenne dans laquelle des espions se cachent parmi des parlementaires qui doivent faire semblant que tout le monde est dans une entre nous d'accord en tout et surtout entre eux qui ne parlent que l'évolution de la guerre en Ukraine avec les révélations antagonistes et propagandistes en fonction des infos qui circulent en alternance par les révélations de Poutine ou de Zelenski.
Je pousse plus loin mes investigations et je tombe sur la nouvelle chinoise "
"Dernière décision en date de la vaste campagne anticorruption visant le secteur financier. L’ancien président de la banque chinoise China Merchants Bank, Tian Huiyu, condamné à mort avec sursis de deux ans, reconnu coupable d’avoir « accepté des pots-de-vin et d'abus de pouvoir sur le personnel d’une entreprise publique, de transactions sur la base d’informations confidentielles, de délits d’initiés et de fuite d’informations confidentielles et avoir illégalement accordé des prêts et avoir dissimulé des dépôts à l’étranger ». Objet d’une enquête publique en avril 2022, alors que la campagne anti-corruption en cours dans le pays se concentrait de plus en plus sur le secteur financier. En décembre, un autre ancien vice-président de China Development Bank, Zhou Qingyu, a été arrêté. En janvier, l’ancien patron du géant bancaire étatique Everbright Group, Tang Shuangning, arrêté pour des soupçons de corruption et de pots-de-vin".
- Nous sommes en pleine chasse aux sorciers de la finance pour cacher ce qui se passe à l'intérieur du parti", me dis-je instinctivement.
J'ai lu et été mis au courant de ce qui se passe dans ce pays immense avant de venir. Il faut que je ressorte de cette coquille.
Je sors du bureau et je me dirige vers la réception pour demander le menu du restaurant.
C'est alors que je vois qu'il y a une conférence planifiée dans une semaine, le mercredi 14 février sur les derniers développements des relations entre l'Europe et la Chine.
Une bonne idée d'y assister. Je m'y inscris à la réception.
Je ne suis pas sûr que cela puisse être suivi d'un déjeuner en politiciens amoureux, mais je m'en fous.
Ce matin, je suis assez joyeux. Il fait relativement beau par rapport aux jours de pluies de la semaine dernière qui avaient vu le ciel gris nous tomber sur la tête en déversant en deux jours, ce qu'il aurait du faire en un mois.
On parle depuis quelques jours, à la fête des amoureux et la pub ne manque pas de profiter d'annonce avec des réductions de produits pour les dames.
Le chocolatier du coin ne désemplit d'ailleurs pas pour les plus pauvres. Pour les plus riches ce sont les bijoutiers qui font fortune en moins de temps que les chocolatiers.
Depuis ces jours grisonnants, j'ai beaucoup réfléchi à une stratégie différente en prenant plus de risques. Le thème de l'espionnage et du contre-espionnage ne se prêtent pas vraiment à l'humour et aux embrassades en trivialisant les sujets sensibles.
Que raconterait un contre-espion à un espion pour le faire sortir de sa mission secrète ?
Parler d'un dossier confidentiel canard ? Parler des dernières vacances ?
Solitaire de formation, je sais que je reste débutant Dois-je me déguiser ou me présenter avec plus beaux atours en révélant ainsi que je n'aurais pas compris les notions essentielles de l'infiltration ? Je n'ai aucun gadget pour prendre des notes secrètes à part mon journal dans lequel je note les points différents mais nécessaires avec le maximum de précision.
Vais-je jouer au contre-espion high-tech pour faire la connexion avec un espion comme un professionnel de l'espionnage en connaissant beaucoup de ficelles et de méthodes ou ne cachant mon jeu pour éviter tout ce qui pourrait être perçu comme insensible ou inapproprié ?
Non, je dois rester léger et amusant sans porter atteinte à des sujets sérieux.
Les petits cadeaux ouvrent ou entretiennent les relations mais c'est mal vu dans la CE.
Je passe chez le chocolatier et achète un ballotin de cinq cents grammes.
Je ne connais personne d'autre pour l'offrir qu'à moi-même .
L’instant où j'ouvre les yeux, je comprends que quelque chose cloche. L’horloge digitale sur le mur indique une heure… Mais elle n'est pas à l'heure et tourne à l’envers. Non seulement les chiffres défilent à rebours, mais il me semble que je me souviens déjà de ce qui va arriver dans les minutes suivantes. Mon transfert dans un autre monde à reculons comme une écrevisse a fonctionné.
Je suis comme un éclaireur, un agent expérimental de l’Agence Temporelle, infiltré dans une entreprise de haute technologie chinoise sous le couvert d’un ingénieur en cybernétique. Mais sa particularité réside dans mon aptitude à percevoir le temps en sens inverse? Ma raison pour laquelle j'ai été choisi passe à l'envers,
Mon protocole est clair : je dois observer, comprendre, et surtout ne pas interagir directement. Les espions chinois que je dois traquer ne doivent jamais savoir que je suis là. Pourtant, alors que passe la porte d'un laboratoire, je pense au regard qui me fige sur place.
L’homme en face de moi est un un certain Huang Wei qui me sourit… comme s’il me reconnaissait déjà.
Je sens un frisson remonter mon échine.
C'est alors quez je me réveille, la fenêtre entrouverte au départ, s'est ouverte complètement.
10. Une sortie ravageuse
Il est temps que je parte à la réunion de la Commission. Un des intervenants m'a invité pour que j'assiste à un débat qui pourrait être houleux au sujet des fuites d'informations qui se déroulent aux Etats Unis à cause de ce jeune de 21 ans qui avait fait paraître des secrets d'Etat sur le Web.
Dès que la réunion a commencé et que quelques remerciement des présences par l'organisateur de la réunion qui a pris soin de la réunion, il est immédiatement pris à parti.
- Nous devons être plus prudents que les Américains, dit-il sur un ton rageur à l'adresse du régulateur de la réunion à l'autre bout de la salle.
Les autres ne bronchent pas. Ils se demandant s'ils doivent réagir avec des commentaires ou ajouter des processus de transfert d'informations d'un poste à un autre plutôt que de les apporter en mains propres de l'envoyeur jusqu'à son destinataire final.
La protection de leur présence dans la CE ne tient que par un fil et du bon vouloir de leur supérieur direct. Ils sont élus bien sûr, mais ils restent sur la sellette.
Les connections du Net ont apporté quelques facilités et voilà qu'il faut les restreindre pour raison de sécurité.
Je n'avais pas écouté la radio ce matin. Je ne suis pas au courant de cette affaire qui avait embarrassée les autorités américaines au plus haut point.
Un rappel à l'affaire Snowden et à Wikileaks qui vient de loin, a rouvert le débat.
Des souvenirs de l'époque de ma rencontre avec Vic me reviennent en mémoire.
Vic avait eu la crédulité pendant quelques mois, qu'il serait pas découvert pendant ses travaux en couverture de la journée dans ses travaux illicites de la nuit et je l'avais forcé à se dévoiler à moi-même.
L'innocence des réseaux sociaux qui transitent par internet, ne date pas d'aujourd'hui. Les gens ne se rendaient pas compte qu'à vouloir exister sur la Toile, on dépasse souvent la limite de l'acceptable. La propagande et les publicités sont à l'affut et agissent dans l'ombre.
Il y a déjà tellement d'années de cela, mais cela reste encore bien présent dans ma mémoire.
Pour revenir à cette réunion, quelques participants lèvent le doigts pour prendre la parole mais leurs commentaires de l'un et de l'autre prouvent seulement qu'ils avaient été préparé la réunion sans vouloir émettre de critiques trop violentes..
Quelques propositions d'amélioration de la sécurité fusent vers le maitre de séant de la réunion. Elles sont notées dans le rapport de la réunion avec quelques actions à prendre qui parfois repartiront dans l'autre sens vers l'émetteur avec une contre-proposition qui pourront être encore plus idiote.
Au bout d'une heure et demi, la séance s'interrompt sans solution déterminante efficace. Le problème de la sécurité est insoluble si on ne coupe pas les communications pour les mettre sous enveloppes sellées dans des déplacements dans tous les azimuts au travers des étages de la Commission européenne comme nouvelles règles de conduite.
L'organisateur se lève en priant les participants de réfléchir jusqu'à l'assemblée suivante. La salle se libère parce qu'elle n'était réservée que pendant une heure.
Je me suis précipité vers la sortir espérant que les participants pouvaient continuer la réunion en privé entre collaborateurs pour confirmer ou infirmer ce qui avait été dit pendant la réunion.
J'écoute leurs discussions avec beaucoup d'intérêt devant l'ascenseur.
Ont-ils été convaincu par la réunion ou se sont-ils retournés la queue entre les jambes sans intervenir ? J'ignore.
Un des ascenseurs arrive enfin au 6ème étage. Je laisse passer ses occupants pour me permettre d'en ressortir de l'ascenseur le dernier.
Je me dirige vers les garages pour rejoindre ma voiture au -3.
J'y arrive quand une moto arrive en trombe.
Je laisse tomber mes clés de voiture et me baisse.
J'ai à peine le temps de me relever et de me retourner que j'entends, à mes oreilles le sifflement d'une balle sortant d'un silencieux.
Je n'ai pas été touché à la première balle. La seconde est plus efficace et m'a touché à la poitrine et je ne peux que me laisser choir sur le sol. Je saigne mais je me rend compte que je suis vivant.
Personne n'a entendu ce qui est arrive. Pas eu le temps de prendre mon petit révolver pour riposter que Noémie m'avait prêté. Je suis resté au sol dans ces quelques secondes qui suivirent.
Le gars à bord de sa moto est casqué Pas question de le reconnaître.
La moto est déjà loin quand l'alerte est donnée, je suppose que les autorités policières responsables vont réagir et que les ambulances arriveront.
A quoi cela aurait servi de se relever.
Je n'ai aucune preuve d'avoir été choisi dans cette agression.
Peut-être ne suis-je pas le seul ? Peut-être fut-ce une balle perdue ? Le motard s'est-il trompé de cible ?
Ce sont les dernière réflexions qui me viennent en tête.
Je sens que je vais vraiment m'évanouir.
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11. Suis-je mort ou vivant ?
Suis-je mort ? Est-ce une mort cérébrale ou physique ?
Suis-je entré dans une expérience de mort imminente, une NDE ?
Ce n'est pas vraiment un tunnel avec une lumière blanche à son bout que j'aperçois. Au contraire, je recule dans mon passé. Je revois ma courte vie défiler devant mes yeux.
Je me revois dans ce garage fatal dans mon subconscient. Je me mets à l'abri derrière une voiture, stressé, en respirant le moins possible de peur de me faire repérer. D'autres balles sifflent autour de moi. De cela j'en suis sûr.
Cela a dû être une mitraillette qui tire plusieurs coups à la minute. Une balle perdu m'a touché. Le sang coule mais, bizarrement cela ne me fait pas mal.
Tout à coup, les forces me lâchent. J'entends des voix qui donnent des ordres de toutes parts.
Un urgentiste se met à me souffler de l'air dans la bouche.
Un autre me malaxe la poitrine au rythme régulier.
Mon subconscient fonctionne toujours. C'est comme au cinéma. Les images se suivent accompagnées par des sons de musique de fond.
Aucune contestation. Aucune controverse. Une crainte, c'est tout.
L'ambulance m'emporte. Les médecins décident de m'installer dans un coma artificiel pour me maintenir en vie avec un masque sur la bouche.
C'est donc cela mourir.
On fait semblant de mourir et on oublie de respirer, tout simplement ?
C'est ça être dans le coma.
12. Mon assassin entre dans ma chambre
Un gars entre dans ma chambre. Je ne l'ai jamais vu de ma vie. Pourtant, j'ai dû le voir quelques instants, mais il était casqué et donc masqué. C'est mon assassin. Il parle français avec un accent très guttural caractéristique des pays de l'Est.
- Je regrette d'avoir tiré sur toi. Tu n'étais pas impliqué dans mon action. Je voulais tirer sur ces salauds politiciens qui nous gouvernent à notre détriment. Ils gèrent très mal nos vies. J'ai travaillé pendant des années à leur service à la CE. Je leur avais dit qu'ils faisaient fausse route en pensant pouvoir apporter des solutions uniques pour tous les pays européens indépendamment de leur origine et de leur manière de vivre. J'étais une sorte de dissident. Mais cela ne m'a servi à rien. Pas plus qu'à toi, d'ailleurs Ils votent ensemble et nous n'avons qu'à les suivre disciplinés.
Je l'écoute sans réagir. Je me dis seulement que c'est un illuminé rétro qui n'a plus pu se mettre au goût du jour de l'adaptation nécessaire actuelle.
- On vous a tiré aussi dessus pour vous arrêter puisque vous êtes ici comme moi, demande-je
- Oui, je suis comme dans un état second entre la vie et la mort comme toi.
Que lui donner comme réponse ? Lui dire ce qui était vrai, ne le sauvera pas plus que moi.
- Je comprends ton exaspération. En plus nous vivons dans un état de guerre perpétuelle en Russie.
- Je sais. Je suis devenu mercenaire. J'accepte les petits boulots de perturbateurs que l'on me propose. Peu m'importe l'origine. Je m'en fous des commanditaires. As-tu eu une famille dont il te fallait t'occuper ?
- Non. Pas d'ordre ou de contre ordre à recevoir. Pas de famille. Pas de responsabilité d'enfant à respecter. J'ai fait de la prison pendant quelques années dans le passé. J'ai aussi tué un homme que j'aimais pourtant dans le fond. Il m'avait appris le métier d'arnaqueur. Il était plus âgé que moi. Il avait de l'expérience. Moi pas. Je l'ai fait parce que je voulais gagner plus d'argent que nous parvenions à gagner ensemble. L'argent finit par nous tuer tous. C'est une addiction. Une folie.
- Donc, tu n'es pas trop différent de moi-même. Tu n'as pas connu le pire à être sollicité de partout. Mon ménage était devenu un cauchemar. Il fallait que cela s'arrête. J'ai pété un plomb. On m'a apporté des armes pour créer des perturbations à la CE. Cela a marché temporairement. Je me suis planté dans le garage en attendant la fin de la journée pour tirer sur tout ce qui bougeait. Je suis sûr d'en avoir liquidé quelques uns, même si je n'avais pas utilisé une kalachnikov avant ce galop d'essais. Auparavant, j'ai été une sorte de désastre collatéral comme résultat de na pas être au bon endroit au bon moment. On oublie et puis cela revient comme un leitmotiv du raté compulsif.
Je sens qu'il veut justifier son acte. Le laisser parler de sa vie. Que dire ? Pourquoi le dire.
- Que t'est-il arrivé pour arriver à cette extrémité ? Une vengeance ? As-tu fait les pires idioties ou les meilleures actions. Nous irons tous au paradis, comme dit la chanson. On devient asocial, accablés de préjugés et de corrections à apporter. J'ai été aussi opportuniste. J'ai utilisé la crédulité des gens à mon avantage. Nous ne faisons pas ce que nous voulons ou devons faire. On fait ce qu'on peut faire.
Je n'étais pas prêt à écouter son histoire avec ses doléances. Donc cette balle qui m'a touchée ne m'était pas destinée particulièrement.
Je retourne dans mes songes comateux. Rêver ou cauchemarder. Où est la différence ?
13. Noémie vient dans ma chambre
Un bruit et mon cerveau se remet à fonctionner. Une voix de femme. Noémie se penche au dessus de mon lit. Elle doit avoir les larmes aux yeux. J'entends ses sanglots.
- Je suis désolée de t'avoir entrainé dans cette opération. J'espère que tu reviendras parmi les vivants après ton coma artificiel. J'ignore si tu m'entends, mais sache le, je regrette de t'avoir envoyé ici.
- Tu n'y es pour rien
- D'accord, mais j'aurais dû être à ta place. Mes supérieurs m'avaient demandé d'exécuter la mission que je t'ai donnée. Je n'y avais pas envie, je te l'ai proposée et tu l'as acceptée.
- Noémie, j'aurais pu la refuser. Cette mission fut un nouveau challenge pour moi. J'aime les challenges. Mon passé me permettait de l'envisager puisque j'ai vécu l'épisode dans l'autre camp des arnaqueurs du Web. Je n'ai pas eu le temps d'effectuer cette mission jusqu'au bout. Je me rappellerai toujours cette soirée que nous avons partagée au restaurant. Elle s'est terminée avec un certain amour envers toi en ce qui me concerne. Je t'ai menti. Je n'ai pas eu beaucoup d'occasions pour penser au sexe. J'ai été étonné que tu m'as dit que je n'étais pas un mauvais coup au lit. Nous n'avons pas réédité cette expérience d'une nuit.
- Ne te méprend pas sur mes propos et sur tes exploits au lit. J'ai très vite compris que si tu n'étais pas un débutant ou un novice, tu avais beaucoup perdu d'expertise dans les jeux amoureux. Je voulais, par là, te remercier d'avoir accepté le job que je t'avais proposé. Dans le fond je suis plus attirée par la gente féminine que par les hommes. J'en ai connus quelques uns au lit. Tous machistes. Si tu as éprouvé du plaisir avec moi, j'en suis heureuse. Ce qui se produit dans le hasard du temps vaut souvent mieux que dans leurs exécutions ou répétitions. Je ne vais pas te déranger plus longtemps. J'ai une réunion à présider.
- Tu m'avais dont trompé pour arriver à tes fins. Oublie moi, si c'est le cas.
14 : David entre dans ma chambre
- Bonjour Greg. Je ne m'attendais pas à te retrouver dans la même situation dans laquelle je t'ai laissée.
- Bonjour David. Combien de fois ai-je pensé à toi et à mon invention qui t'a mis en difficulté dans l'organisation. Combien de fois, ne l'ai-je regrettée.
- Mais ce n'est pas toi qui a tiré sur moi.
- D'accord. Mais je me suis senti responsable. Etais-tu vraiment un agent double, une taupe, payé par un autre commanditaire ?
- Je peux te l'avouer dans notre état: j'étais coupable. J'étais une taupe. Je travaillais pour la Russie. C'est-elle qui me payait.
Je me sentais soulagé. David n'était pas innocent. Il n'avait reçu que la monnaie des sa traitrise. Il était une taupe.
David s'évapora sur ces mots. Notre conversation était terminée.
15. Vic entre dans ma chambre
- Salut Greg. Je vois que tu en as fait du chemin depuis que tu m'as assassiné après que nous avons travaillé ensemble. Je ne m'y attendais pas. Ce que nous gagnons ensemble ne te suffisais pas. Tu voulais jouer cavalier seul pour gagner plus.
- Bonjour Vic. J'étais jeune à l'époque. Il me faut l'excuser vis-à-vis de toi. Je voulais gagner le gros lot grâce à ta technique pour arnaquer les innocents du Web. L'ambition de la jeunesse. Ensuite, je l'ai beaucoup regrettée, cette période de travail à deux.
- J'ai suivi ta déchéance, ton séjour en prison et à ta sortie pour effectuer le travail inverse en cherchant les arnaqueurs. Tu avais l'esprit inventif pour ton logiciel "Coyote". J'ai eu raison de travailler avec toi. Je te pardonne. N'oublie pas qu'il existe dans ma villa, une cachette d'une cassette. Elle doit encore exister. Je te la lègue avec plaisir.
16. Mon père entre dans ma chambre
- Bonjour Greg. Je suis ton père. Bonjour mon fils. Me reconnais-tu toujours après toutes ces années ? Je suppose que non. Que te dire aujourd'hui ? Que tu as bien mené ta barque ? Que tu as rencontré plusieurs occasions dans lesquelles tu es tombé mais que tu en es sorti ?
- Cela fait bizarre de te dire Papa.
Au moment où je pense lui dire quelques vérités de mon histoire, je ne sais pourquoi, son image disparait.
17. Le ressenti ment
Vers 18 heure d'un vendredi, je me suis réveillé. Je ne suis donc pas mort. Je suis sorti du coma. Je sens qu'il y a quelque chose qui traine seulement sur l'épaule. J'ai signé un bon de sortie en reconnaissant tous mes torts de partir. J'ai pris ma voiture. Je veux revoir encore l'endroit où j'ai manqué trouver la mort. Je ne m'en rappelle plus de tout.
Le parking est quasiment vide. Les "collègues" de cette courte aventure ont pris le large pour passer le weekend le plus agréablement possible.
Un gardien de parking est posté à l'entrée du garage. Il ouvre la barrière avant que j'arrive. Il m'a reconnu. Il me fait un signe de la main avec un bonsoir souriant comme si rien ne s'était passé auparavant. Il n'avait pas entendu la détonation quand on a tiré dans le garage, puisqu'il était en pause. Aujourd'hui, je suis en "régime automatique" et je ne le vois même pas. Arrivé sur la rue, un peu perdu, je freine en catastrophe pour donner le passage à des motards qui pétaradent en laissant une fumée pestilentielle derrière eux. Je ne cherche plus une réponse à deux questions : "pourquoi moi ? Par qui ?". Je fais un tour dans le parking souterrain. Je postpose ces questions trop content de sortir presque saint et sauf de ce guêpier. Les gratte-ciels de la Communauté européennes sont déjà derrière moi et font place à des habitations de deux ou trois étages cachés déjà par l'obscurité complète et par une brume de pollution typique de Bruxelles.
La surprise passée, les deux questions commencent à germer dans mon esprit.
Qu'ai-je fait pour réveiller un assaillant qui voulait ma peau ?
Qui est chargé d'un contrat pour m'éliminer ?
Je me rappelle de ce que j'ai répondu à mon assassin.
Serait-ce un avertissement ou vraiment une tentative de me supprimer?
Pourtant, je me suis fait tout petit pour ne pas me faire remarquer comme me l'avait conseillé Noémie.
Alors qu'est ce qui a généré cet assaut contre moi ?
Le souvenir de l'attentat mortel sur David me revient en mémoire. Pour lui aussi, la surprise a été totale. La première lors de son attentat sans pouvoir y réagir. J'espère la dernière.
A bord de ma voiture, je roule à petite vitesse. Près de l'évanouissement, je veux avoir le temps de m'arrêter et si nécessaire, pouvoir retrouver mes esprits et mes questionnements qui se bousculent en boucle dans mon esprit.
La stratégie de Sun Tsu avec les facteurs de supériorité, vertu, climat, topographie, commandement et organisation me reviennent en mémoire. Il n'y a pas longtemps que j'ai acheté son livre "L'Art de la guerre".
La vertu avec la cohésion entre supérieurs et inférieurs, basée sur l’endroit détenant les meilleures institutions. Dans mon cas, où aurais-je dévié d'un poil de ce conseil ?
Je suis par contre entre l’ombre et la lumière, entre le chaud et le froid, dépendant des endroits correspondants aux meilleures conditions climatiques dans nature du terrain de l'humain, accidenté ou plat, large ou resserré, propice ou néfaste en respectant l'organisation avec la meilleure discipline.
Après mon passage en prison pendant huit ans, j'ai perdu toute violence en respectant des tactiques psychologiques comme la ruse, l’espionnage, la mobilité et l'adaptation à la stratégie de l'adversaire potentiel.
Je ne suis pas baraqué pour faire autrement en sortant mes muscles.
« Quand nous serons près de l'ennemi, nous devons faire croire que nous en sommes loin, éloignés, en se persuadant que nous sommes près", une phrase que j'ai retenue par cœur avec les chapitres qui décrivent les attitudes à observer quand il y a un inconnu qui pourrait être ou devenir un ennemi à maximiser les ressources de manière efficiente pour m'appliquer aux relations internationales, aux négociations diplomatiques et aux résolutions de conflits interpersonnels dans la gestion des conflits et des négociations.
Comprendre les forces et les faiblesses de chaque camp comme idées qui peuvent s'appliquer à la manière de diriger pour motiver une équipe, en jouant sur les forces individuelles et collectives.
Mais je ne corresponds pas à cette liste de situations à tenter de trouver des espions à bord de ce grand édifice qu'est le Berlaimont sur comment anticiper, protéger les informations sensibles et lutter contre les menaces cybernétiques.
La connaissance de moi-même, ma flexibilité mentale et l'adaptation aux circonstances pourraient être appliqués à ma gestion du stress. Mais tout cela ne me répond à aucune de mes questions à l'intérieur de la Communauté européenne où je vais tous les matins.
Même interprétés et adaptés en fonction du contexte dans le cadre, les leçons et conseils de Sun Tzu sont devenus obsolètes à notre époque et dans ce que je vis. C'est plutôt ma propre vie qui repasse dans mon esprit. Les défis spécifiques de notre époque tout en conservant l'essence de sa philosophie stratégique, efficaces peut-être mais pas dans le cas particulier d'un attentat.
En arrivant près de chez moi, je m'arrête à une librairie. Je demande si le libraire détient des archives des actualités de l'époque où j'ai presque connu la mort. Expliquer le pourquoi d'avoir porté dans la ligne de mire d'un sbire.
A cette époque, la visite du Premier ministre belge en Chine avec sa rencontre avec Xi Jinping qui n'a pas dû lui plaire, remonté sur la question de Taiwan et de l'espionnage des hommes politiques belges.
Le lendemain, ce furent les élections à Taiwan qui revendique de devenir une province indépendante de la Chine après la présidente Tsai Ing-Wen. Elle ne pouvait se représenter une troisième fois à la présidence de Taiwan. Mettre le poulain de son parti DPP au pouvoir, Lai-Ching-te. Il est parait-il favori dans la population. Pékin le qualifie de "grave danger" parce qu'il prône des relations seulement amicales et commerciale sans plus et pas d'entrer sous sa coupe. Les Etats Unis ont soutenu Taiwan en prônant les valeurs de la démocratie, de la liberté et des Droits de l'Homme. Taiwan avec l'aide militaire des Etats Unis et de son premier sous-marin ne va pas beaucoup effrayer Xi.
Nos entreprises et nos autorités publiques ont-elles inconsciemment ouvert une brèche pour l'espionnage par le piratage ?
Les vidéoconférences et les téléphones des plus grandes entreprises belges, même dans les secteurs vitaux, sont vulnérables. Des entreprises comme Colruyt, Ontex, Fluvius ont déjà été concernées. Des services gouvernementaux aussi. En cause: la sécurité des appareils de la marque chinoise Yealink.
Est-il un génie ou un démon? Peut-être un peu des deux...
Sauver l’humanité malgré elle, c'est pas trop mon truc. Les préjugés sont trop puissants.
Ce survol de l'actualité par les infos du journal me suffit, je referme le journal et je m'en vais.
J'ai été repéré par quelqu'un comme un danger et il me faut corriger ma tactique de taupe sourde et muette. Je décide de n'en rien dire à Noémi. Je ne suis pas sûr de vouloir continuer.
Je pense prendre le petit baretta dans ma ceinture qu'elle m'a donné pour me protéger et me défendre. Je ne l'avais jamais sorti de ma poche.
Il faut que je récupère et que je dorme pour oublier ce qui m'est arrivé ce soir-là.
J'ai envie de m'évaporer et de disparaitre dans la villa de Vic que j'ai hérité.
En rentrant, j'ai pris une feuille de papier et un stylo pour glisser ma décision
18. Ma sortie de piste aux étoiles et dialogues
Chère Noémy,
Je suis revenu à la vie après une période dans le coma. J'ai rencontré tous ceux que j'ai rencontré dans la vie. Cela avait commencé avec mon assassin qui était payé pour tuer tout ceux qui venaient dans son champ de vision.
Je ne veux plus la perdre, cette putain de vie.
Pendant cette période de subconscience endormie, j'ai donc reçu à mon chevet virtuel, la visite de plusieurs personnes qui ont fait partie de ma vie en reculant dans le temps. Tu en faisais partie.
En me réveillant, j'étais heureux d'être encore en vie.
Avoue, ma dernière mission n'a pas été un véritable succès et d'une efficacité fracassante. Celle d'avant, avec Vic, fut le sommet de ma carrière. Je truandais les cons avec lui qui ne comprenaient pas qu'internet est un endroit où grouille les fripouilles. Oui, vraiment, j'ai fait ce que j'aimais surtout quand je le faisais pour des gens qui le méritaient, J'ai bandé à cette époque. C'était ma revanche sur ma prime jeunesse. J'étais plus solitaire endurci et je n'aimais pas être second de Vic. Vic était devenu mou avec l'âge et je l'ai trucidé.
J'ai payé ma revanche sur la vie par des années de prison avec des mecs qui me voulaient un bien fou en me rendant encore plus résistant.
Presque au bout de mon incarcération, tu es venue me rechercher pour exécuter la tâche exactement opposée qui consistait à pêcher les poissons les plus rigoureux de l'autre bord. Je me suis plier à ce jeu de la perversion et de la décadence humaine. David a vu en moi, un ami. Encore un jeu, l'amitié auquel je n'étais pas vraiment prêt. Inventif, j'ai cherché la parade, la faille à sa traitrise.
Pendant mon coma, il a reconnu qu'il était un agent double qui recevait une double paye par les deux côtés du ring. J'ai été le spectateur ému de son assassinat parce que dans le doute de sa culpabilité n'était pas clair.
Depuis qu'il est revenu me parler pendant mon coma, je rectifie cette position par la conclusion "Peu m'importe comment sa vie s'est achevée".
Dans mon rêve comateux, Vic m'a rappelé une cachette dont il m'avait donné l'endroit sur l'île de son rêve. J'avais perdu de vue l'endroit de son magot, enfui sous sa maison.
La dernière fois, où j'y suis allé, je n'ai pas eu le temps de le retrouver. La police m'a alpagué. Le magot doit être encore enfui au même endroit sur son île de rêve. Vic m'a légué son bien par contumace.
Je vais y partir définitivement. Si un jour, j'écrirai l'histoire de ma vie dans un roman comme je te l'avais dit avec humour et imagination quand tu t'es dénudée devant moi psychiquement et physiquement. Il y aura peut-être quelques lecteurs crédules qui croiront tout ce que j'écrirai.
Trump est bien devenu président et maitre du monde avec des mensonges et des contre vérités. Je me sens assez maître de moi pour lui donner le change à une autre échelle égotique.
La vie est trop courte pour la laisser s'écouler à son rythme accéléré avec une connerie débitée par jour.
Ce n'est pas la longueur de vie qui est important, mais sa largeur, disait quelqu'un.
Ce quelqu'un avait raison.
J'ai été surpris et amusé quand tu m'avais demandé si je n'étais pas homosexuel avant notre partie de jambes en l'air. Sans être homo, pour vérifier si je ne l'étais pas, je t'avais répondu non. Si tu pouvais penser que j'ai eu le temps des galipettes avec beaucoup de pigeonnes endiablées, ce ne le fut pas. J'étais obsédé dans un autre domaine plus financièrement rémunérateur.
En finale, mon père est aussi revenu d'outre tombe. Il était le dernier de la liste avant que je me réveille. Il ne m'a jamais apporté la moindre idée de comment la vie pouvait fonctionner. En famille, le bonheur n'existait pas. Ma mère était trop conne pour prendre le relais de mon éducation. Elle ouvrait ses jambes à mon père après avoir été giflées.
Il ne me restait qu'à foutre le camp dans cette ambiance délétère. J'ai rompu avec ma jeunesse. Je l'ai fait très jeune en cherchant celui ou celle qui pouvait combler mes déficits d'amitié et de gentillesses familiales. Je n'ai trouvé que des pis-aller.
En prison, ma case n'était pas large et je n'ai jamais reçu d'oranges pour me rincer la gueule de douceurs sucrées.
La vie, c'est d'ailleurs comme si on mélange le sucre au sel et au poivre.
Dans le cauchemar de mon coma, tu m'avais dit que c'était toi qui devait y aller et pas moi. J'ai été au charbon à ta place.
Je t'envoie ma démission par ce pli.
Si tu veux me retrouver, il faudra que tu retournes aux archives policières de l'époque à partir de mon enfance. Tu sauras où me trouver.
Je t'embrasse
Greg.
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Cher Greg,
J'ai été très étonné à lire ta lettre. Je pensais que tu aimais ton nouveau job.
Ici, au bureau, j'ai dû raconté une histoire pour expliquer ton absence. Tu pourrais y revenir comme avant.
Mais, tu aimerais casser ton contrat. Il n'y en a qu'un, celui que tu as signé avec notre bureau à côté de l'OTAN, il y a 6 ans. Tu n'as aucun contrainte.
Ton nouveau job à la CEE n'était pas officiel.
Je ne peux que t'encourager à rester parmi nous où tu as fait un boulot très apprécié. Tu avais de bons revenus mensuels.
Tu semblais dans ton élément avec nous au bureau.
Mais, je répète, tu es libre de partir.
Je ne peux que te souhaiter le meilleur là où tu désires aller.
Bien à toi
Noémie
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Chère Noémie,
Non, je n'étais pas dans mon élément même dans notre bureau.
Si j'ai fait du bon boulot, d'après toi, je suis rassuré de ne pas avoir été inutile.
Ici, à la CCE, on ne parle qu'en anglais. Je n'ai pu créer aucun contact important avec quiconque.
Ici, tout le monde est suspicieux envers chacun. Préparer des rapports, est la fonction essentielle pour qualifier leur présence.
Jouer au contre espion alors que dans le fond, je viens de l'autre bord de la chaîne en restant discret, cela n'a jamais été mon truc.
La solitude ne me pesait pas mais elle m'a fait retrouver mes racines. Mon père était d'origine grecque. Il m'a donné le prénom de Greg pour m'en souvenir.
J'ai toujours été opportuniste comme beaucoup de Grecs.
Tu connais une partie de ma vie. Mais pas celle qui réside au fond de moi.
Dès que j'ai compris le subterfuge de Vic qui cachait sa source de revenu principale par un travail rémunéré honnêtement et par les circuits normaux, et qui les nuits, faisait un autre job plus rémunérateur, j'ai essayé de devenir son dauphin. Il a été forcé de m'accepter et de devenir son acolyte.
J'ai été plus pressé que lui pour réaliser et cela m'a coûté plus de 8 ans quand tu es venu me rechercher en prison en m'offrant une sortie plus précoce. Mon emprisonnement dans une prison française m'ont permis de beaucoup réfléchir sur ma vie jusque là.
Dans les années 2008, les arnaques sur Internet étaient encore à leurs débuts. Ce n'est plus le cas. Les Internautes voulaient alors avoir des amis et ne s'en méfiaient pas. Personne ne se méfait de tout comme on le fait actuellement. Tout passe par le Darknet. J'ai pensé à m'y introduire pour chercher les espions à la CEE. Je n'en ai pas eu le temps de infiltrer dans son ombre pour détecter les activités illicites et les corruptions.
J'ai été capturé au moment où je voulais sortir du monde et me faire oublier quand je suis arrivé à la maison de Vic à l'île de Malte et où il avait amassé la fortune pour ses vieux jours comme une assurance vieillesse.
Pendant 8 ans d'incarcération, j'ai aussi eu le temps pour réfléchir derrière les murs de la prison. J'ai même apprécié l'inquisition avec ses procédés coercitifs que je n'aurais jamais imaginé en liberté dans le monde de l'extérieur en déroute.
Tu te souviens de cette histoire quand le volcan de la Soufrière avait tué plusieurs personnes du monde libre et qu'un prisonnier en est ressorti indemne. Elle m'est resté en mémoire.
La prison, ce n'est pas le sommet de la jouissance, mais on y mange tous les jours aux heures précises.
Je suis allé à Malte une fois avec lui et j'ai compris son but qui ne correspondait pas totalement au mien.. Il avait pris le surnom de Grand maitre comme s'il descendait d'un ancêtre des Grands Maitres de Malte. J'ai souvent regretté mon geste. Pendant mon coma, le fantôme de Vic s'est présenté à moi. Il a pardonné son meurtre et m'a offert ses biens et ses réserves d'homme vivant. Il m'a légué sa fortune? J'étais soulagé.
Malte est un pays européen un peu spécial avec à La Valette, des églises à tous les coins de rue. Très catholique à plus de 95% mais aussi très libéral où les lanceurs d'alertes, les journalistes qui cherchent la petite bête, se font sauter dans leur voiture. Les gens trop honnêtes ne sont pas les bienvenus dans les mafias locales. Je me suis renseigné du niveau de vie à Malte. Il n'y a pas que le climat qui entre juin et septembre, flirte avec les 30°C et ne descend jamais en dessous de 15°C en hiver. Il y a 90 fêtes par an représentant chaque saint, célébré à intervalles réguliers. Tous les dimanches, un hameau fête son patron et a sa "festa". "Malte: parfum d'Europe, souffle d'Afrique" écrit Nathalie Bernardie. L'aéroport de Luqa est au centre de l'île. A 10 kms de La Valette que l'on parcourt sans beaucoup se préoccuper des limites de vitesse. Il faut seulement s'habituer à la circulation inversée.
Je viens de recevoir mes émoluments plus élevés pour ma présence à la CEE et je t'en remercie.
A la CEE, j'ai beaucoup appris des mentalités des intermédiaires des différents pays avec les influenceurs des entreprises privées qui ne voyaient que leurs avantages pécuniers offerts par leur entreprise respective bien loin des intérêts réels de l'Europe.
Parfois, cela n'avait plus rien à voir avec ce pourquoi ils étaient là. La corruption est presque à considérer comme un mal nécessaire. Un sujet de critique et critiquable; évidemment s'il n'y avait de l'influence en provenance des pays et des entreprise pour faire du lobbying d'où ils sortent. Ils sont bien payés pour cela. Ils ne paient pas de taxes et partent en voyages aux frais de la princesse. Les anciens ministres et ministrables belges, se retrouvent dans les murs comme parfaite sortie de piste en exutoire. Parfois virés de la politique, parfois virés de leur parti, ils sont là pour écrire des rapports d'exercices en première occupation avant d'être discutée dans des meetings successifs. J'ai eu le temps d'en être dégouté.
L'enfant qui voulait devenir gâté par la vie que j'étais, n'est plus. Etre toujours angoissé qui avait peur de ne pas manger à sa faim, n'existe plus non plus. Les gens libres n'ont pas de structure morale ni cohésion.
Suis-je provocateur en écrivant ainsi aujourd'hui ?
Peut-être mais c'est voulu. C'est ce qui a fait ma singularité, hier. Je suis rentré dans le rang, nu comme un ver.
J'ai envie de me retirer de la vie publique et de ses obligations. J'ai lu le livre de Douglas Kennedy "Quitter le monde" et cela a flashé pour moi.
Si un jour, je m'ennuie, j'écrirai le livre de ma vie et pas uniquement celle que tu me prescrivait à la CEE avec la tâche de contre espion et de contre emploi que tu m'avais allouée.
Depuis ma décision, je suis en jachère. Près à rencontrer tous les nouveaux hasards obéissant à aucun destin, à aucune logique.
Je reste définitivement du côté de ce qu'on appelle les "mauvais, les arnaqueurs contre ceux qui pensent vivre sans problèmes aux détriments d'autrui. de ceux qu'ils n'aiment pas.
Dans ma jeunesse, ce n'est pas arnaqué que j'ai été, mais harcelé. On ne nait pas solitaire, on le devient. Ce harcèlement m'a forcé de me venger de la société. Heureusement j'ai complètement masqué une agressivité refoulée.
Tu connais la chanson de Moustaki : "avec ma gueule de Métèque, de juif errant de pâtre grec".
Ils étaient jeunes comme moi, pour préparer à devenir des gens bien.
Aujourd'hui, si on cherche un peu en questionnant Google, on peut retrouver le passé connu de quelqu'un. C'est cela que je veux effacer. je veux réduire au strict minimum mes contacts avec le reste de l'humanité.
J'ai acheté le livre "A la recherche du temps perdu" de Marcel Proust. Je vais le lire. Je suis sûr d'y retrouver des épisodes qui me ressemblent. Je peux m'exprimer en anglais qui est la deuxième langue de Malte. Je vais me familiariser petit à petit avec la langue maltaise. Le maltais est d'origine romane, avec une influence sicilienne, transcrite de l'alphabet latin mais altéré dans les lettres descendant de l'arabe comme z, c, g, gh, h, ie...
Je n'ai pas cotisé pour ma retraite, mais ayant connu Vic, je peux dire que je n'en aurais pas besoin.
Je répète ma proposition, si tu voulais faire comme moi, je t'ouvrirai ma porte avec le plus grand plaisir.
Ton dévoué Greg.
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Cher Greg,
Merci pour tes révélations. Je te connaissais professionnellement et très peu au niveau sexuel. Cette fois, je te ressens un peu proche de moi.
De moi aussi, tu n'as pas pas pu connaitre autre chose que la surface et les formes que je leur donnais au bureau.
J'ai eu une enfance qui n'était pas plus enthousiasmante. Comparativement avec toi, j'étais attendu avec impatience par une mère aimante mais avec un père complètement absent qui ne pouvait pas me parler et qui s'effaçait dès que j'essayais de l'attirer plus vers moi. J'aurais aimé lui parler ouvertement. Dès mes premières tentatives, j'ai compris qu'il ne le pourrait pas. Que je pouvais trop bousculer ses habitudes.
Les vêtements que je porte au bureau ne sont qu'une représentation austère que j'ai copiée sur lui.
Je suis sûre que tu as été surpris et que tu m'as connu très différente quand nous sommes au restaurant ensemble le vendredi quand je t'ai demandé si tu pouvais être intéressé dans le boulot ingrat de contre espion à la CEE en te proposant plus de subsides dans ton travail. Tu avais accepté et j'en étais satisfaite.
Je vois aujourd'hui que j'ai fait fausse route.
Je t'en prie ne m'en veux pas trop.
Tu veux donc prendre ta retraite au soleil. Tu as parfaitement raison de pouvoir le faire sans pension de retraite.
Le jour où je serai dépitée comme toi, je penserai te rejoindre sans faute.
Il arrive toujours, à un moment donné, ce genre d'envie de tout quitter et de ne plus dépendre de quelqu'un qui a atteint la marche suivant dans la hiérarchie.
Pour toi, ce moment donné est arrivé quand tu as manqué mourir par ton attentat. Je comprends parfaitement.
Tu te souviens peut-être qu'il y a six ans, j'ai été capturée et maintenue en captivité pendant quelques jours. A la suite de ces jours-là, je me suis remise en question aussi.
Depuis le début de cette année 2025, nous sommes entrés dans une période d'instabilités croissantes avec l'arrivée de Donald Trump. Un pas en avant et deux pas en arrière. La Russie de Poutine n'est plus vraiment confrontée à lui. C'est l'Europe qui fait front. La Chine est dans l'expectative retranchée. Personne ne peut dire où cela va nous mener. La guerre à nos portes, bien entendu. Depuis que tu n'es plus au bureau, nous avons subi plusieurs attaques dont on n'a plus pu déterminer l'origine même si l'on peut l'imaginer facilement. Le conflit au Moyen Orient entre Israël et la Palestine que plusieurs Etats veulent reconnaitre n'a pas arrangé les choses. Nous avons reçu des contacts de partout dont il fallait dissocier le vrai du faux.
Tu pars et je ne te donne pas tort. Tu as l'âge où l'on peut déterminer son meilleur futur. Apparemment, d'après ce que tu m'écris, les moyens financiers que t'a laissé Vic dans sa cassette cachée, peut l'assurer.
Je te demanderai de me tenir au courant de si avec tout cela, tu as pris la bonne décision.
Je me battrai auprès de mes supérieurs pour ajouter une petite augmentation supplémentaire à tes derniers émoluments.
Je t'embrasse très sincèrement et te souhaite le meilleur dans la suite.
Ta Noémie
FIN
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